Etrigan
25/07/2008, 19h19
http://www.comicsreporter.com/images/uploads/FingerothDisguisedAsClarkKent.jpg
Y a-t-il une « question juive » dans le monde des comics ? Pour Danny Fingeroth, c'est une certitude. Dans son essai sur la question, Disguised As Clark Kent: Jews, Comics, And the Creation of the Superhero, cet auteur de comics et essayiste traque, pour ainsi dire, l'inconscient juif des créateurs de super-héros. Car, il faut le savoir, ce sont presque exclusivement de jeunes juifs new-yorkais qui ont créé le genre avec de notables exceptions.
Danny Fingeroth commence son analyse par les débuts du genre avec Superman et Batman. Il décèle dans la figure du héros caché comme un reflet du jeune juif qui doit cacher ses origines pour se faire passer pour un gentil (Batman et son auteur Bob Kane qui tenterait de refouler ses origines) ou bien encore, Danny Fingeroth estime que Clark Kent est le juif qui cache en lui un homme extraordinaire qu'on ne voit pas par ce qu'il ne serait qu'un immigré.,, Il faut reconnaître que ces premières analyses sont parfois crispantes tant l'auteur semble forcer la main aux auteurs et chercher à plaquer les faits sur sa théorie. Il devient néanmoins plus pertinent lorsqu'il attaque des sujets comme celui de Krypton détruit que Superman revisite (la Shoah) ou quand il évoque un Captain America qui, dès son premier numéro, affronte Hitler lui-même.
En s'intéressant ensuite à la Marvel, notre auteur trouve plus de matière. Ainsi de Thor, il démontre une problématique juive. L'avatar mortel du dieu nordique aime une humaine, mais son père, Odin, refuse une union inter-ethnique. Un problème que connaissent bien les Juifs issus de familles traditionalistes. Il explore les facettes cachées des histoires en soulignant que Peter Parker, alias Spider-Man, est originaire d'un quartier connu pour sa population immigrée et juive. Il rebondit aussi sur la période contemporaine en faisant référence aux Eternels de Neil Gaiman avec cette vision d'un nouveau prophète très inspiré par la Bible ou bien encore en soulignant qu'un Brian Bendis est fils de Rabbin et que des allusion sont perceptibles dans ses séries.
Au final, ce ne sont pas tant les arguments pris séparément qui réussissent à convaincre, mais plutôt leur accumulation. A force de se voir révéler certains points des histoires, on ne peut que reconnaître quelque chose d'étrange, comme une persistance suspecte. De fait, cet essai manque, selon moi, de justifier pleinement son sujet. Il me semble engagé et intéressé. Pas assez objectif. Néanmoins, ça lecture est intéressante et passé les premiers chapitres aux arguments quelque peu capilotractés, on découvre des réflexions intéressantes.
Y a-t-il une « question juive » dans le monde des comics ? Pour Danny Fingeroth, c'est une certitude. Dans son essai sur la question, Disguised As Clark Kent: Jews, Comics, And the Creation of the Superhero, cet auteur de comics et essayiste traque, pour ainsi dire, l'inconscient juif des créateurs de super-héros. Car, il faut le savoir, ce sont presque exclusivement de jeunes juifs new-yorkais qui ont créé le genre avec de notables exceptions.
Danny Fingeroth commence son analyse par les débuts du genre avec Superman et Batman. Il décèle dans la figure du héros caché comme un reflet du jeune juif qui doit cacher ses origines pour se faire passer pour un gentil (Batman et son auteur Bob Kane qui tenterait de refouler ses origines) ou bien encore, Danny Fingeroth estime que Clark Kent est le juif qui cache en lui un homme extraordinaire qu'on ne voit pas par ce qu'il ne serait qu'un immigré.,, Il faut reconnaître que ces premières analyses sont parfois crispantes tant l'auteur semble forcer la main aux auteurs et chercher à plaquer les faits sur sa théorie. Il devient néanmoins plus pertinent lorsqu'il attaque des sujets comme celui de Krypton détruit que Superman revisite (la Shoah) ou quand il évoque un Captain America qui, dès son premier numéro, affronte Hitler lui-même.
En s'intéressant ensuite à la Marvel, notre auteur trouve plus de matière. Ainsi de Thor, il démontre une problématique juive. L'avatar mortel du dieu nordique aime une humaine, mais son père, Odin, refuse une union inter-ethnique. Un problème que connaissent bien les Juifs issus de familles traditionalistes. Il explore les facettes cachées des histoires en soulignant que Peter Parker, alias Spider-Man, est originaire d'un quartier connu pour sa population immigrée et juive. Il rebondit aussi sur la période contemporaine en faisant référence aux Eternels de Neil Gaiman avec cette vision d'un nouveau prophète très inspiré par la Bible ou bien encore en soulignant qu'un Brian Bendis est fils de Rabbin et que des allusion sont perceptibles dans ses séries.
Au final, ce ne sont pas tant les arguments pris séparément qui réussissent à convaincre, mais plutôt leur accumulation. A force de se voir révéler certains points des histoires, on ne peut que reconnaître quelque chose d'étrange, comme une persistance suspecte. De fait, cet essai manque, selon moi, de justifier pleinement son sujet. Il me semble engagé et intéressé. Pas assez objectif. Néanmoins, ça lecture est intéressante et passé les premiers chapitres aux arguments quelque peu capilotractés, on découvre des réflexions intéressantes.