Nikolavitch
24/05/2004, 17h45
http://www.superpouvoir.com/logos/nwj_logo.jpgLa bagnole, c'est politique. La BD, c'est politique. Même le festival de Cannes, c'est politique. Alors, qu'est-ce qui ne l'est plus, de nos jours ?
Vu le contexte, même acheter une boîte de maïs peut devenir un acte politique : acheter sans regarder, ou acheter en vérifiant qu'il ne contienne pas d'OGM, c'est déjà une prise de position face à une des polémiques majeures de notre temps. Alors, manger du maïs transgénique, ou pas ? Manger n'importe quoi vendu sous l'étiquette chocolat, ou vérifier dans la composition qu'on n'essaie pas de vous refourguer une pâte de soja et de caroube ? Eh bien oui, ça aussi, c'est politique, vu la situation en Côte d'Ivoire : un chocolat sans chocolat, c'est un clou dans le cercueil économique qu'on prépare à ce malheureux pays.
Les récentes discussions de mes honorables collègues présents sur ce site concernant les effets spéciaux dans le porno et les stars qui les font le plus bander ont aussi un aspect politique : le porno, avec le réarmement moral de droite comme de gauche qui est en cours, le porno est politique. Même les productions d'Europe de l'Est les plus bas de gamme. Il permet de différencier les tenants de la morale judéo-chrétienne qui sont contre des jusqu'au-boutistes de la liberté d'expression qui sont pour. Et même de repérer les couilles molles qui disent : "non, la censure c'est mal, mais le porno, bon, voilà, c'est pas censurer que de le réglementer sévèrement". Ceux-là sont les pire. Parce que tout en évitant le mot honni de censure, ils en reviennent précisément à la base du concept, des gens soi-disants éclairés qui décideront pour tout le monde de ce qu'on a le droit de voir ou pas. Notons que je ne me prononce pas dans ce débat du pour ou contre, étant par moi-même capable d'intenses bouffées couille-mollistes. D'ailleurs il faut que je pense à purger le cache et l'historique de mon navigateur internet. On ne sait jamais.
Mais plus insidieuse encore est cette idée vieille comme le monde selon laquelle on est soit pour, soit contre quelque chose. Alors, pour ou contre la guerre en Irak ? Pour ou contre la mondialisation ? Pour ou contre l'avortement ? Pour ou contre la Star Ac' ? Pour ou contre les OGM ? Pour ou contre les traductions ? Pour ou contre les Juifs ? Pour ou contre la réforme de la Sécu ? Pour ou contre l'Europe ? Pour ou contre Microsoft ? Pour ou contre la réédition en DVD d'une intégrale Max Pecas ? Pour ou contre ? On vous somme de choisir dans des positions tranchées, on vous somme de choisir votre camp dans des conflits parfois artificiels dont on confisque ainsi toute possibilité de formulation intelligente, et donc de réflexion approfondie.
Ceux qui vous posent ce genre d'ultimatum ne tolèrent votre libre arbitre qu'à la condition que vous acceptiez de penser selon les mêmes paramètres qu'eux, c'est à dire en noir et blanc. Si vous êtes contre les OGM, alors vous ne pouvez plus vous faire vacciner contre l'hépatite B. Ben non, ça fait une quinzaine d'années que le vaccin est produit par génie génétique, comme d'ailleurs un grand nombre d'insulines usuelles pour diabétiques, qui sont ainsi plus stables, moins allergéniques, et moins chères à produire. D'un coup, c'est plus compliqué, l'histoire des OGM. C'est pas juste une astuce pour gruger les paysans. Mais ça l'est aussi. Alors, pour ou contre ?
Et c'est pareil pour tout. Il y a des arguments pour, et des arguments contre (par exemple, j'ai plein d'arguments pour le génocide des employés de banque). Mais l'opinion générale veut que si on n'est pas pour, alors on est contre, et inversement. Et c'est tellement plus commode de choisir viscéralement une bonne fois, et d'ensuite afficher son opinion, en se dispensant de toute analyse fine. C'est très commode d'ailleurs aussi pour ceux qui se servent de ce genre de grosses ficelles pour faire passer n'importe quoi : rappelez-vous le référendum sur le traité de Maastricht. Etre contre, c'était être contre l'Europe. Et maintenant, même les europhiles les plus convaincus sont d'accord pour dire qu'il n'était pas au point. Et pendant ce temps-là, on vous préparait bien gentiment le dépeçage des services publics. Les récentes réformes sont du même tonneau. Si l'on est contre la réforme proposée, alors c'est qu'on est contre toute espèce de réforme, et qu'on est donc par voie de conséquence pour la stagnation. Ce qui permet de faire passer n'importe quelle réforme, même la plus contre-productive.
C'est un de mes estimables collègues (le tristement célèbre Jean-Marc Lainé, pour ne pas le nommer) qui a récemment dit qu'on nous fabriquait un monde compréhensible par les crétins, afin de nous crétiniser.
Eh bien ça, je suis contre.
Vu le contexte, même acheter une boîte de maïs peut devenir un acte politique : acheter sans regarder, ou acheter en vérifiant qu'il ne contienne pas d'OGM, c'est déjà une prise de position face à une des polémiques majeures de notre temps. Alors, manger du maïs transgénique, ou pas ? Manger n'importe quoi vendu sous l'étiquette chocolat, ou vérifier dans la composition qu'on n'essaie pas de vous refourguer une pâte de soja et de caroube ? Eh bien oui, ça aussi, c'est politique, vu la situation en Côte d'Ivoire : un chocolat sans chocolat, c'est un clou dans le cercueil économique qu'on prépare à ce malheureux pays.
Les récentes discussions de mes honorables collègues présents sur ce site concernant les effets spéciaux dans le porno et les stars qui les font le plus bander ont aussi un aspect politique : le porno, avec le réarmement moral de droite comme de gauche qui est en cours, le porno est politique. Même les productions d'Europe de l'Est les plus bas de gamme. Il permet de différencier les tenants de la morale judéo-chrétienne qui sont contre des jusqu'au-boutistes de la liberté d'expression qui sont pour. Et même de repérer les couilles molles qui disent : "non, la censure c'est mal, mais le porno, bon, voilà, c'est pas censurer que de le réglementer sévèrement". Ceux-là sont les pire. Parce que tout en évitant le mot honni de censure, ils en reviennent précisément à la base du concept, des gens soi-disants éclairés qui décideront pour tout le monde de ce qu'on a le droit de voir ou pas. Notons que je ne me prononce pas dans ce débat du pour ou contre, étant par moi-même capable d'intenses bouffées couille-mollistes. D'ailleurs il faut que je pense à purger le cache et l'historique de mon navigateur internet. On ne sait jamais.
Mais plus insidieuse encore est cette idée vieille comme le monde selon laquelle on est soit pour, soit contre quelque chose. Alors, pour ou contre la guerre en Irak ? Pour ou contre la mondialisation ? Pour ou contre l'avortement ? Pour ou contre la Star Ac' ? Pour ou contre les OGM ? Pour ou contre les traductions ? Pour ou contre les Juifs ? Pour ou contre la réforme de la Sécu ? Pour ou contre l'Europe ? Pour ou contre Microsoft ? Pour ou contre la réédition en DVD d'une intégrale Max Pecas ? Pour ou contre ? On vous somme de choisir dans des positions tranchées, on vous somme de choisir votre camp dans des conflits parfois artificiels dont on confisque ainsi toute possibilité de formulation intelligente, et donc de réflexion approfondie.
Ceux qui vous posent ce genre d'ultimatum ne tolèrent votre libre arbitre qu'à la condition que vous acceptiez de penser selon les mêmes paramètres qu'eux, c'est à dire en noir et blanc. Si vous êtes contre les OGM, alors vous ne pouvez plus vous faire vacciner contre l'hépatite B. Ben non, ça fait une quinzaine d'années que le vaccin est produit par génie génétique, comme d'ailleurs un grand nombre d'insulines usuelles pour diabétiques, qui sont ainsi plus stables, moins allergéniques, et moins chères à produire. D'un coup, c'est plus compliqué, l'histoire des OGM. C'est pas juste une astuce pour gruger les paysans. Mais ça l'est aussi. Alors, pour ou contre ?
Et c'est pareil pour tout. Il y a des arguments pour, et des arguments contre (par exemple, j'ai plein d'arguments pour le génocide des employés de banque). Mais l'opinion générale veut que si on n'est pas pour, alors on est contre, et inversement. Et c'est tellement plus commode de choisir viscéralement une bonne fois, et d'ensuite afficher son opinion, en se dispensant de toute analyse fine. C'est très commode d'ailleurs aussi pour ceux qui se servent de ce genre de grosses ficelles pour faire passer n'importe quoi : rappelez-vous le référendum sur le traité de Maastricht. Etre contre, c'était être contre l'Europe. Et maintenant, même les europhiles les plus convaincus sont d'accord pour dire qu'il n'était pas au point. Et pendant ce temps-là, on vous préparait bien gentiment le dépeçage des services publics. Les récentes réformes sont du même tonneau. Si l'on est contre la réforme proposée, alors c'est qu'on est contre toute espèce de réforme, et qu'on est donc par voie de conséquence pour la stagnation. Ce qui permet de faire passer n'importe quelle réforme, même la plus contre-productive.
C'est un de mes estimables collègues (le tristement célèbre Jean-Marc Lainé, pour ne pas le nommer) qui a récemment dit qu'on nous fabriquait un monde compréhensible par les crétins, afin de nous crétiniser.
Eh bien ça, je suis contre.