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Jim Lainé
16/12/2004, 10h21
La vie après les comics…
16 décembre 2004
Deuxième leçon de communication : ne pas avoir de discours, seulement des slogans
Début novembre, nous nous esbaudissions de conserve devant la rouerie de nos amis les communiquants, ces spécialistes du message fort et du slogan qui marque, fort prompts à nous vendre un message sans idée, un signifiant sans signification, comme d’autres nous vendraient un écrin sans diamant, un récipient sans contenu. Que ceux qui ont pensé que nous sommes à l’ère du Tupperware de la pensée passent à la caisse !
Plus sérieusement, deux exemples récents, l’un drôle et piquant, l’autre plus douloureux et problématique (ce qui peut expliquer le temps qu’il m’a fallu pour aborder à nouveau la question) sont revenus me titiller, alors que je tournais autour d’une problématique qui finit par m’escagasser.
C’est qu’effectivement, le siècle de la communication, dont on se targue ou l’on se gausse, c’est selon, ne trahit pas son nom : l’on communique plus que l’on n’échange d’information, plus que l’on ne dialogue.
L’on a vu, lors des mouvements de troupes américaines en Afghanistan ou plus récemment du CICR en Afrique, que les communiquants songeaient vivement à faire s’agiter les uniformes kakis ou les blousons humanitaires sous les caméras du monde entier, afin d’attirer la considération et vraisemblablement les subsides, ou à tout le moins le soutien politique, vers leurs clients. Oubliant par là même les réelles fonctions premières des-dits clients (le CICR s’occupe des prisonniers, des déplacés, nullement des victimes de glissement de terrain, par exemple, détail qui n’arrête pas les communiquants). On voit souvent des institutions complaire aux idées percutantes des communiquants et donner à leurs missions premières quelques entorses supplémentaires pour rentrer dans un cahier des charges renouvelé en fonction de la stratégie communiquante.
On vide de son sens des organisations ou institutions qui deviennent (avant de se reprendre, on peut l’espérer…) des vitrines à idées. Rien d’autre.
Ce lent glissement sémantique, du message explicatif de l’action vers l’action qui vernit le message d’une couche de crédibilité, se fait sentir, bien entendu, dans le milieu de la pub, haut-lieu du détournement de l’image, de la désacralisation par l’ironie, de la collision des idées. Mais si les grandes réussites de Bleustein-Blanchet et de son Publicis des premières décennies (Lustucru, Dim, Boursin, autant de slogans et d’imagerie qui ont marqué plusieurs générations…) sont tout de même restées au service d’un produit (donc d’un client, donc on aurait tendance à oublier qu’il est roi, somme toute…), désormais, on assiste à une phagocytation du contenu par le message, qui l’envahit, l’étouffe, et finit par s’exprimer à sa place et par lui faire dire le contraire de ses intentions premières.
Au lancement de Pink TV, une pleine page, dans Libération, je crois, arborait la très célèbre photo de François Mitterand et Helmut Kohl se tenant la main. Un slogan drôle, percutant et fort les surplombait : “Il n’y a pas que le sexe dans la vie d’un couple”. Très drôle, effectivement, de faire glisser le mot “couple” de sa connotation politique européenne (surtout qu’un démocrate chrétien et un socialiste, hein…) à sa notion de base. Ceci dit, ça ne dit pas grand-chose de Pink TV, dont on pourrait penser qu’il s’agit d’un nouveau journal parodique, tellement l’imprégnation d’une actualité culturelle et la connotation “détournement politique” sont fortes.
On est donc en droit de se demander si, à force de force et de percussion percutante, le tireur d’élite qu’est notre ami le communiquant n’a pas loupé sa cible.
C’est sans doute ce qu’il fut à craindre au sujet de cette campagne de pub anti-antisémitisme, qui montrait des représentations du Christ et de la Vierge décorées d’un faux tag aux mots de “Sale Juif” ou “Sale Juive” (le tout avec un renvoi vers l’idée que ça nous concerne tous, ces affaires-là, ce qui demeure vrai, la preuve, ici…). Si l’on dépasse, d’abord, l’effet “faux tag”, qui est un peu usé, notamment par la Samaritaine, et ne fait plus son effet, au point que l’on finit à nouveau par le prendre pour un vrai, on en vient tout de même à se poser la question de la pertinence d’une telle image, qui appellerait peut-être un discours plus étayé, même sous la forme d’un sketch, ou une composition graphique différente (en deux temps, sur plusieurs 4X3 qui fonctionneraient alors en dyptiques ?), et donc l’isolement au milieu d’une foultitude d’autres images choc risque d’avoir quelques effets néfastes, de l’indifférence (au mieux) à l’excitation de sincères haines antisémites et/ou intégristes de tous bords (au pire).
C’est d’ailleurs ce qui a été soulevé par les autorités juives et catholiques, qui ont fait remarquer que cette composition, pour ingénieuse qu’elle soit, risquait de nourrir des discours à l’opposé de ses intentions.
Comme quoi, l’idée forte ne suffit pas. Le discours demeure nécessaire. Et le discours, ce n’est plus de la communication, c’est autre chose.
La communication creuse sa propre tombe, à s’obstiner à se croire seule au monde. Communication sans pensée ne serait-elle que ruine de l’âme ?
Toujours est-il que c’est, en partie, la ruine de la politique, au sens premier du terme. Brian Vaughan, scénariste émérite dont je n’ai guère envie de taire les mérites tant il m’impressionne de pertinence, a développé une thèse voisine dans son récent Ex-Machina, l’histoire d’un super-héros devenu maire de New-York. L’un des axes narratifs de son histoire demeure la pendaison, aux cimaises d’une exposition d’art contemporain, d’un portrait de Lincoln tagué d’un grand et rouge “Nigger” en travers. Cette collision de l’idéal républicain américain et des mouvances racistes qui ont également fait son histoire renvoie, à plusieurs niveaux, à une réflexion sur la vie en société. Mais là où Vaughan est plus angoissant encore, c’est dans sa description des rouages politiques, soudain grippés par cette libre expression artistique, idée forte exprimée brute de décoffrage, sans discours préalable. Faite pour choquer.
Me passe par la tête l’idée que le concepteur de la pub “Sale juive” est peut-être un lecteur de Vaughan…
Mais en dehors de ça, cet exemple nous prouve que la communication, de par sa reproduction de masse, son rapport au client, et ses réseaux de diffusion, n’a pas le même statut que l’art, n’a pas sa portée ni son audience, et bien évidemment n’a pas la même liberté. Qualitative, pas quantitative.
Le troisième niveau de réflexion, plus retors encore qu’il n’y paraît, c’est également que la pertinence des messages choquants (véhiculés par la pub, ou par l’art) nous interroge sur le discours politique, dont elle dévoile des facettes intéressantes. Car, effectivement, si un slogan coup de poing demande un discours pour l’étayer, trop de discours pour expliciter les slogans, une glossolalie frisant le techno-blabla, n’est-ce pas, également, une manière de vider l’idée de son message ?
Trouvé une reliure de Lisette, datant de 65 à 3 euros. Dedans, une adaptation BD de “la Case de l’Oncle Tom”, par Marcello, qui se fera connaître plus tard avec le Cavalier Inconnu, RinTinTin et, désormais, Tex Willer. J’avais déjà trouvé un recueil de 61 contenant des strips de Mic Delinx (dans un style sous-Tillieux), des séries de Fernando Fusco (“Cendrine, Fille de Cirque”) et de Carlo Marcello (“L’Émeraude du Grand Mogol”), deux dessinateurs actuels de Tex Willer. C’est vraiment plein de merveilles, ce genre de revues pour filles…
Dans le même ordre d’idées, trouvé récemment deux bouquins d’histoire en BD, l’un sur la Vendée et l’autre sur la Normandie, illustrés par Patrice Pellerin, futur dessinateur de l’Épervier. Des illustrations noir et blanc influencées par Poïvet, Gillon, Giraud.
Découvert que la chanteuse de Superbus, c’est la fille de Chantal Lauby. Dingue ! C’est pas mal, d’ailleurs, bien rock, bien musclé, avec la prod des Silmarils derrière, ça bouge bien…
Récupéré le Will Eisner Companion. Liste des personnages du Spirit, résumé des albums qu’Eisner a réalisés depuis son retour aux affaires, via Kitchen Sink. Les origines revues par le boss en 66, ainsi que “the story of Gerhard Shnobble”, sont réimprimées en couleurs au centre de ce bouquin qui fait la part belle aux femmes fatales d’Eisner (Ah, P’Gell ! Ah Satin !) et à certaines des planches les plus célèbres (la maison en coupe de “Miss Vitriola’s school for girls”). Manquent peut-être cet épisode qui se passe dans le noir, ou encore certains des strips que Cat Yronwode reproduit dans son bouquin… Mais l’iconographie montrent, si c’était bien utile, combien un Steranko ou un Miller ont puisé chez le boss !
Dans la foulée, je conseille le Will Eisner’s John Law Detective (Dead Man Walking), reprise du personnage borgne et fumeur d’Eisner par Gary Chaloner. Y a du Paul Smith, chez Chaloner, du Rude, du Golden, du Russell. La reprise est très bonne, d’autant que Mr Mystic et Lady Luck, autres créations du boss, font une apparition. Ainsi que trois histoires d’époque, rééditées. IDW s’impose une fois de plus comme un sacré éditeur !
Jean-Marc “Jim” Lainé
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“Une fréquentation même irrégulière des sites et des forums de la Toile laisse sur un malaise. C’est qu’y règnent souvent la sottise et l’intolérance. Les rumeurs les plus insensées y sont présentées comme des vérités d’évangile. La pensée y est réduite à l’expression brève d’une approbation ou d’un rejet. L’injure y est parfois tenue pour un argument. La paranoïa est rampante. On est sûr d’avoir raison contre le reste du monde puisqu’on est entre soi. Le repli sur l’identique mène à un narcissisme de groupe qui autorise les pires dérives et entraîne une fragmentation du corps social.”
Gérard Klein (directeur de collection SF Livre de Poche)
préface à La cité des Permutants, Greg Egan, Livre de Poche SF
Dans le genre choquant, il y a aussi toutes pubs benetton de l'époque Oliviero Toscani. On ne montre pas le produit (la marque est identifiée par son logo vert) mais on fait une photo choc histoire de faire parler.
ça peut être grandiose comme ça peut aller trop loin, avec notemment les photos des condamnés à mort...
le problème, là c'est de savoir si la pub peut être détournée pour devenir une forme d'expression artistique, et éventuellement porteuse de messages, ou de manière intrinsèque, elle ne peut que se cantonner à vendre, vendre, vendre.
Est-ce qu'on peut cacher une oeuvre dans une pub ou une pub dans une oeuvre ?
l'archer vert
16/12/2004, 17h51
C’est sans doute ce qu’il fut à craindre au sujet de cette campagne de pub anti-antisémitisme, qui montrait des représentations du Christ et de la Vierge décorées d’un faux tag aux mots de “Sale Juif” ou “Sale Juive” (le tout avec un renvoi vers l’idée que ça nous concerne tous, ces affaires-là, ce qui demeure vrai, la preuve, ici…).
Ben ca véhicule surtout l'idée que la société francaise serait encore principalement catholique. Que les chrétiens sont majoritaire et que, nom de nom, ils doivent être tolérants envers la minorité juive parce que les fondateurs de leur religion étaient eux-mêmes juifs ! Essayer de regler un problème religieux en se référencant à une autre religion, je trouve ça assez con. Il n'a pas l'universalisme que devrait véhiculer un message pour promouvoir le respect égalitaire des autres croyances. Et pas le "on est un pays catholique, mais on est sympa on tolère les autres religions quand même".
Si l’on dépasse, d’abord, l’effet “faux tag”, qui est un peu usé, notamment par la Samaritaine, et ne fait plus son effet, au point que l’on finit à nouveau par le prendre pour un vrai, on en vient tout de même à se poser la question de la pertinence d’une telle image, qui appellerait peut-être un discours plus étayé, même sous la forme d’un sketch, ou une composition graphique différente (en deux temps, sur plusieurs 4X3 qui fonctionneraient alors en dyptiques ?), et donc l’isolement au milieu d’une foultitude d’autres images choc risque d’avoir quelques effets néfastes, de l’indifférence (au mieux) à l’excitation de sincères haines antisémites et/ou intégristes de tous bords (au pire).
En même temps, pour une fois que tout n'est pas explicité, qu'il y a la place pour un semblant de reflexion, du moins pour ceux qui reconnaissent l'importance de l'image de JC et de la Vierge Marie, on ne va pas se plaindre non plus.
Toujours est-il que c’est, en partie, la ruine de la politique, au sens premier du terme. Brian Vaughan, scénariste émérite dont je n’ai guère envie de taire les mérites tant il m’impressionne de pertinence, a développé une thèse voisine dans son récent Ex-Machina, l’histoire d’un super-héros devenu maire de New-York. L’un des axes narratifs de son histoire demeure la pendaison, aux cimaises d’une exposition d’art contemporain, d’un portrait de Lincoln tagué d’un grand et rouge “Nigger” en travers. Cette collision de l’idéal républicain américain et des mouvances racistes qui ont également fait son histoire renvoie, à plusieurs niveaux, à une réflexion sur la vie en société. Mais là où Vaughan est plus angoissant encore, c’est dans sa description des rouages politiques, soudain grippés par cette libre expression artistique, idée forte exprimée brute de décoffrage, sans discours préalable. Faite pour choquer.
A la limite, c'est presque que dommage que l'artiste se déballonne dans Ex-Machina. Ca fait un peu pirouette scénaristique-happy end forcé.
Le troisième niveau de réflexion, plus retors encore qu’il n’y paraît, c’est également que la pertinence des messages choquants (véhiculés par la pub, ou par l’art) nous interroge sur le discours politique, dont elle dévoile des facettes intéressantes. Car, effectivement, si un slogan coup de poing demande un discours pour l’étayer, trop de discours pour expliciter les slogans, une glossolalie frisant le techno-blabla, n’est-ce pas, également, une manière de vider l’idée de son message ?
C'est effectivement le risque. D'où ma préférence à laisser le plus possible la place à l'interprétation.
l'archer vert
16/12/2004, 17h54
le problème, là c'est de savoir si la pub peut être détournée pour devenir une forme d'expression artistique, et éventuellement porteuse de messages, ou de manière intrinsèque, elle ne peut que se cantonner à vendre, vendre, vendre.
Est-ce qu'on peut cacher une oeuvre dans une pub ou une pub dans une oeuvre ?
Y a pas de médium honteux. Si quelqu'un a la possibilité d'effectuer une démarche militante ou personelle dans une pub, pourquoi pas. Les grands peintres classiques effectuaient des commandes pour les grands de leurs époques qui y voyaient un moyen de promou_voir leurs richesses et leur puissances.
Le pub premier de la pub, faut pas se leurrer, c'est bel et bien de vendre. Pour ça elle a deux solutions : soit carresser dans le sens du poil (votre linge est terne, prenez plutôt un bon baril de "Lav+blanc-que-blanc" (TM) !), soit elle peut choquer, interpeller, histoire de provoquer une réaction chez le consommateur lambda.
"Ah tiens, marrante cette pub, c'est pour quoi ?"
C'est dans ce but que des mecs cherchent à faire des pubs trash ou marrantes qui peuvent être considérée comme une forme d'art à part entière. Les pubs de Ridley Scott (par exemple) sont des chefs d'oeuvre dans leurs genres.
La pub a même son propre festival (qui commence aujourd'hui, d'ailleurs...)
Je suis bien d'accord;
Mais c'est un débat qui existe.
crédibilité, sincérité de la démarche, tout ça ...
Jim Lainé
16/12/2004, 18h05
Les grands peintres classiques effectuaient des commandes pour les grands de leurs époques qui y voyaient un moyen de promouvoir leurs richesses et leur puissances.
Excellente remarque.
le mythe de l'artiste maudit et solitaire qui bâtit son œuvre dans son coin et décrochera postérité et reconnaissance du public, tôt ou tard, même de manière posthume, c'est une connerie, une survivance d'un mythe romantique mi-XIXe, le spectre des poètes maudits et gnagnagna…
Autrement, l'art et le mécénat, ça a toujours existé. Et c'est quoi le mécénat ? C'est du pognon, du pouvoir, un réseau, de l'influence. Ça a été les princes, les papes, les nobles, maintenant c'est le cinéma et la télévision, et alors…
On me dit parfois "y a plus de Mozart ou de Debussy", ce à quoi je réponds "si, à Hollywood, ils font des musiques de films, et voilà".
Et tu as raison, il est temps de casser la dialectique art/argent. Ils ne sont pas antithétiques ! Ce n'est pas là que se situe le débat…
Jim
Et tu as raison, il est temps de casser la dialectique art/argent. Ils ne sont pas antithétiques ! Ce n'est pas là que se situe le débat…
Jim
Je suis d'accord, pourtant pour beaucoup, on ne peut prendre au sérieux qu'un message délivré dans un contexte sérieux ("honorable", j'entends).
Pour moi, ça marche pas comme ça, on peut dire des choses très prondes avec des farfadets qui se téléportent en faisant BAMF et des milliardaires qui se déguisent en chauve-souris.
Ayant vu travailler des "créatifs" de pub (désolé, c'est le terme...), je ne peux pas nier que la seule chose qui les interesse, c'est garder leur contrat avec le Produit.
En fait, il y a tout un système qui est assez dur à contourner quand on veut sortir des sentiers battus.
D'abord, il y a le Produit.
Un exemple : Nestlé veut faire une pub pour le nouveau Lion (au caramel qui colle aux dents)
Soit des mecs de chez eux écrivent tout, soit ils s'adressent à une agence.
L'agence (en général, celle avec qui ils ont l'habitude de bosser), ils lui demandent un concept en fonction de la cible et de l'identité qu'ils veulent donner au produit. ça donne des réunions du genre :"est ce que le nouveau Lion s'adresse plus aux jeunes collégiens / lycéens ou on essaie de tabler sur le marché des ménagère pour qu'elles l'achetent pour le goûter de leurs mômes?
En fonction de ça, une histoire - le scénario de la pub - est défini. En même temps ils élaborent une "chartre visuelle" : quels tons dans le décor, comment fringuer les acteurs, est ce qu'on met de la musique, on fait quoi comme "pack-shot" (plan de présentation du produit)
Le dossier est remis à Nestlé et ils décident si ça leur va ou pas. Si Nestlé à fait un appel d'offre, ils reçoivent plusieurs dossiers de toutes les agences et choisissent leur préféré et lui accorde le budget.
L'agence contacte alors une société de production qui se charge de monter le film (location des décors, engagement des techniciens, des comédiens et du réalisateur etc..) Bien entendu, chaque étape est soumise à l'aval de Nestlé qui décide des comédiens sur photos etc...
Sur le tournage, le réalisateur est loin d'avoir les mains libre. Si c'est une star comme L.P. Couvelaire par exemple, il aura un peu plus de champ (mais devra quand même montrer des dessins préparatoire et tout...)
Si c'est c'est un réalisateur lambda, l'agence lui fournira un "board", c'est à dire le tournage découpé plan par plan et il n'aura aucune liberté d'action. Ce réalisateur sera sur le plateau pour dire "action / Coupez" et point barre.
C'est pour ça que la pub, c'est hyper calculé. Même celles qui sortent du lot sont étudiée mesurée, étalonnée dans le seul but de vendre le produit...
l'archer vert
16/12/2004, 18h23
Ayant vu travailler des "créatifs" de pub (désolé, c'est le terme...), je ne peux pas nier que la seule chose qui les interesse, c'est garder leur contrat avec le Produit.
En fait, il y a tout un système qui est assez dur à contourner quand on veut sortir des sentiers battus.
D'abord, il y a le Produit.
Un exemple : Nestlé veut faire une pub pour le nouveau Lion (au caramel qui colle aux dents)
Soit des mecs de chez eux écrivent tout, soit ils s'adressent à une agence.
L'agence (en général, celle avec qui ils ont l'habitude de bosser), ils lui demandent un concept en fonction de la cible et de l'identité qu'ils veulent donner au produit. ça donne des réunions du genre :"est ce que le nouveau Lion s'adresse plus aux jeunes collégiens / lycéens ou on essaie de tabler sur le marché des ménagère pour qu'elles l'achetent pour le goûter de leurs mômes?
En fonction de ça, une histoire - le scénario de la pub - est défini. En même temps ils élaborent une "chartre visuelle" : quels tons dans le décor, comment fringuer les acteurs, est ce qu'on met de la musique, on fait quoi comme "pack-shot" (plan de présentation du produit)
Le dossier est remis à Nestlé et ils décident si ça leur va ou pas. Si Nestlé à fait un appel d'offre, ils reçoivent plusieurs dossiers de toutes les agences et choisissent leur préféré et lui accorde le budget.
L'agence contacte alors une société de production qui se charge de monter le film (location des décors, engagement des techniciens, des comédiens et du réalisateur etc..) Bien entendu, chaque étape est soumise à l'aval de Nestlé qui décide des comédiens sur photos etc...
Sur le tournage, le réalisateur est loin d'avoir les mains libre. Si c'est une star comme L.P. Couvelaire par exemple, il aura un peu plus de champ (mais devra quand même montrer des dessins préparatoire et tout...)
Si c'est c'est un réalisateur lambda, l'agence lui fournira un "board", c'est à dire le tournage découpé plan par plan et il n'aura aucune liberté d'action. Ce réalisateur sera sur le plateau pour dire "action / Coupez" et point barre.
C'est pour ça que la pub, c'est hyper calculé. Même celles qui sortent du lot sont étudiée mesurée, étalonnée dans le seul but de vendre le produit...
Oui, mais comme tout carcan, il est fait pour être bousculé, trompé... Si ce n'est déjà fait, il s'en trouvera qui réussiront à plier les contraintes du commercialisme à leurs instincts artistiques, ouvrant la voie à d'autres.
Je suis tout à fait d'accord.
Quand on demande à un mec comme Chabat d'écrire et de réaliser des pubs pour Orangina, on lui demande d'amener Son univers. Pareil pour des gens comme Kounen. On les appelle pour leur techniques, leur maitrises des outils et leurs noms.
Ces gens ont le pouvoir de contourner la chaine de production que j'évoquai dans mon précédent post.
Néanmoins, ils sont toujours soumis à un certain contrôle de la part des Agence ou des Sociétés qui ont commandé la pub. Ils travaillent tout de même avec une liberté beaucoup plus grande.
DigiTalyn
17/12/2004, 03h36
De mon côté, n'étant pas vraiment une publivore (pour moi la pub c'est le moment où il faut aller pisser, ou alors se préparer un thé, ou euh en fait d'ailleurs je regarde rarement la télé, je l'allume certes mais là voyez je suis dans mon bureau et euh elle est un peu loin), je ne peux pas disserter sur le sujet aussi sérieusement que vous. Néanmoins, les dernières fois où je n'avais pas envie de pisser, je me suis souvent interrogée sur certaines pubs, me demandant "mais où diable veulent-ils en venir ?" pour m'apercevoir à la fin qu'il s'agissait d'une pub pour une voiture, ou variante, mac dale. A un tel point qu'au final, j'ai souvent l'impression que toutes les pubs se ressemblent : une musique hype fashion / ascenceur, des gosses, des voitures, de la bouffe etc.
Les créatifs seraient-ils en panne ? Ou je ne suis clairement pas la cible ?
SgtPépère
17/12/2004, 05h07
Si tu ne reconnais pas les marques à leur pub, c'est que le créatif a super mal fait son boulot. (ou alors que tu es complètement hermétique au code de la pub. Car la pub, c'est comme le reste, il faut savoir la lire. C'est peut-êter pour ça qu'autant de gens se font blouser, ils n'arrivent pas à la décoder.)
J'aime beaucoup la publicité (accroc à Culture Pub depuis sa période Magnin/Blachas jusqu'à ce que je sois à Moscou - argh, mais pourquoi le magazine n'a tenu que 4 numéros, c'était vachement bien) et j'aime chercher quel est le produit ou la marque en regardant une nouvelle pub. En général, je ne tombe pas très loin. Les pubs McDo sont archi reconnaissables aussi bien dans le son que dans l'image. Pareil pour les serviettes Always ou le savon Dove qui utilisent sensiblement les mêmes techniques.
Mon meilleur coup, ça a été la pub Microsoft avec les choses qui se dessinent en blanc. Je crois que c'est le style de musique et la voix-off qui m'ont mis sur la piste.
Regardez bien la pub' et surtout sa conclusion: avec un peu de cynisme, quand Microsoft dit qu'il se sert des talents de ses utilisateurs, je ne suis pas sûr qu'ils parlent des artistes ou des choses que l'on peut faire avec l'ordi. Personnellement, je pense qu'ils avouent publiquement que les utilisateurs debuggent Windows. ;)
Je donne mon avis sur la pub sans avoir lu tous vos posts (désolé, je suis une feignasse) :
La pub est néfaste, elle ne fait qu'imiter l'art pour essayer de te vendre quelque chose. Elle propage des valeurs pourries (sexisme, surconsommation) ou alors en souille d'autre en les pervertissant (les pubs avec Gandhi, Marx...). Il n'ya pas de bonnes pubs. La pub c'est la compagnon fidèle du capitalisme. Son arme première. Increvable, elle récupère même sa propre critique comme le capitalisme récupère lui-même ceux qui le contestent (Michael Moore, RATM). La pub peut être amusante, jolie, distrayante mais c'est toujours avec une arrière pensée : nous vendre de la merde inutile en grosse quantité. Elle s'infiltre même dans la politique pour tuer la politique.
Les fils de pub' sont vraiment des fils de pute.
Nuff' said.
La question du jour : les français changent de téléphone portable tous les 18 mois en moyenne. Pourquoi ?
Parcequ'ils ont oublié que la voix se transmet aussi par cables ?
Jim Lainé
17/12/2004, 15h06
La question du jour : les français changent de téléphone portable tous les 18 mois en moyenne. Pourquoi ?
euh…
euh…
euh…
Je sais pas…
C'est quoi un téléphone portable ?
Jim
Je pense pour ma part que la pub n'est pas le Grand Méchant de l'histoire.
Bien sur que le but premier est de vendre le produit, et qu'elle utilise parfois des moyens pas toujours trés fins. Mais aprés tout, la pub génère aussi une foule d'emploi (j'en sais quelque chose) et permet aussi de faire vivre moultes personnes.
Oui, la pub est un outil du système, mais est-ce l'outil qui est blamer où celui qui s'en sert ? Lorsque la pub dite "informative" nous vend des capotes, c'est bien. Il faut savoir que les pubs pour Amnesty International, la Croix Rouge ou toute autre organisation humanitaire se tourne gratuitement. Tous les techniciens, du réalisateur au stagiaire régie tournent la pub sans salaires, sans heures d'intermittence.
La pub fait aussi de bonnes choses, il faut pas l'oublier...
Oui, enfin, c'est quelle proportion de la masse produite la pub utile et/ou humanitaire ?
Oui, enfin, c'est quelle proportion de la masse produite la pub utile et/ou humanitaire ?
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Bien sur que c'est une infime proportion par rapport à toute la daube qui sort chaque jour, et c'est peut être aussi un moyen de se donner bonne conscience. Mais ces pubs ont au moins le mérite d'exister.
Et même si le but d'une pub est de vendre, certaines le font avec talent en essayant de trouver des nouveaux procédé visuels par exemple. Le fameux "Effet Matrix" a été créer pour une pub (pour la vodka Smirnoff, d'ailleurs réalisée par le français Michel Gondry)
les pubs Bud Weiser (le fameux - et horripilant - Wa zaaaaaa !!!) sont tirée d'un court métage d'un jeune black new yorkais. ça a permit à ce mec de trouver un taf et de réaliser toutes les pubs de la série...
Je pense sincèrement qu'il n'y a pas tout à jeter, loin de là...
Jim Lainé
17/12/2004, 16h08
Et même si le but d'une pub est de vendre, certaines le font avec talent en essayant de trouver des nouveaux procédé visuels par exemple. Le fameux "Effet Matrix" a été créer pour une pub (pour la vodka Smirnoff, d'ailleurs réalisée par le français Michel Gondry)
les pubs Bud Weiser (le fameux - et horripilant - Wa zaaaaaa !!!) sont tirée d'un court métage d'un jeune black new yorkais. ça a permit à ce mec de trouver un taf et de réaliser toutes les pubs de la série...
Je pense sincèrement qu'il n'y a pas tout à jeter, loin de là...
On en revient à ce que tu disais un peu plus haut : c'est un système, et en tant que système, il peut profiter à des gens ou les déservir… C'est une arme à double tranchant, et comme toutes les armes, il peut servir à faire du mal… ou le contraire…
Jim
c'est un système, et en tant que système, il peut profiter à des gens ou les déservir…
C'est exactement ça !
Le problème c'est que la pub est hyper dure à contourner mais que quand certains y arrive, ça fait de trés belles choses.
Et les belles choses sont malheureusement rare...
Jim Lainé
17/12/2004, 16h24
C'est exactement ça !
Le problème c'est que la pub est hyper dure à contourner mais que quand certains y arrive, ça fait de trés belles choses.
Et les belles choses sont malheureusement rare...
Je crois que ce qui agite le landerneau super-puissant, c'est que la pub, c'est l'argent, et que l'argent, c'est beurk caca (alors que, bon, hein, la plupart d'entre nous est prêt aux pires bassesses pour grapiller un peu de picaillons*…)
Or, c'est mésestimé un truc, le bon vieux truc de la COMMANDE ! C'est l'illusionner énormément sur la notion d'œuvre d'auteur. Des films de commande qui sont de belles perles, y en a (La Mouche, tout ça…). On lit tous des comics où, pour 95% d'entre eux, les bouquins sont des commandes. Parce que les personnages n'appartiennent pas aux auteurs, parce que les editors viennent les chercher, tout simplement. Dark Knight Returns est une commande, par exemple…
Donc on peut répondre à une commande et faire œuvre commerciale, tout en se posant comme auteur. Un paradoxe que l'esprit cartésien étroit des français habitués à snobiser et enfermer dans des cadres restrictifs a du mal à appréhender…
Jim
* dans la bonne vieille logique du "faites ce que je dis, pas ce que je fais"…
Je pense pour ma part que la pub n'est pas le Grand Méchant de l'histoire.
Bien sur que le but premier est de vendre le produit, et qu'elle utilise parfois des moyens pas toujours trés fins. Mais aprés tout, la pub génère aussi une foule d'emploi (j'en sais quelque chose) et permet aussi de faire vivre moultes personnes....
Fabriquer des camps de concentration aussi ça génèrerait des emplois et pourrait faire vivre plein de gens. Qu'est-ce qu'on attend ? Si ça génère des emplois faut pas se priver.
Moi d'ailleurs je veux faire bourreau / exterminateur de gens moches qui ne répondent pas aux critères de beauté répandues comme un cancer par vos pubs adorées. A mort les moches. A mort les piétons. A mort les fumeurs. Mais chambourcy, oh oui ! (dit une grosse salope à poil dans un champs suçant sa cuillère comme si c'était un gland).
Les pubs qui font mettre des capotes, c'est les pires. Celles d'Amnesty je m'en cogne, elles n'ont aucune valeur après une pub pour le couscous machin, le DVD collector de Taxi, le dernier téléphone qui fait aussi congélateur et la pommade contre les douleurs capillaires. "Vendre" de l'humanitaire au milieu de trucs inutiles, ça donne de l'importance aux produits de consommation et diminue celles des causes défendues.
Bref, de la merde en barre.
La pub est un concept de merde. Ce n'est pas un outil. C'est le mal incarné. Qui a tellement pris d'importance que ces suppots sont devenus des stars. Dur de les appeler "créatif" quand on voit les bouses qu'ils pondent. Et ils gagnent des millions ?? Dans 99F de l'autre connard, on voit à quel point les créatifs (ça me fait mal au derche de l'écrire) sont des merdes sans imagination et sans talent. A mort !
l'archer vert
17/12/2004, 19h04
Fabriquer des camps de concentration aussi ça génèrerait des emplois et pourrait faire vivre plein de gens. Qu'est-ce qu'on attend ? Si ça génère des emplois faut pas se priver.
Moi d'ailleurs je veux faire bourreau / exterminateur de gens moches qui ne répondent pas aux critères de beauté répandues comme un cancer par vos pubs adorées. A mort les moches. A mort les piétons. A mort les fumeurs. Mais chambourcy, oh oui ! (dit une grosse salope à poil dans un champs suçant sa cuillère comme si c'était un gland).
Les pubs qui font mettre des capotes, c'est les pires. Celles d'Amnesty je m'en cogne, elles n'ont aucune valeur après une pub pour le couscous machin, le DVD collector de Taxi, le dernier téléphone qui fait aussi congélateur et la pommade contre les douleurs capillaires. "Vendre" de l'humanitaire au milieu de trucs inutiles, ça donne de l'importance aux produits de consommation et diminue celles des causes défendues.
Bref, de la merde en barre.
La pub est un concept de merde. Ce n'est pas un outil. C'est le mal incarné. Qui a tellement pris d'importance que ces suppots sont devenus des stars. Dur de les appeler "créatif" quand on voit les bouses qu'ils pondent. Et ils gagnent des millions ?? Dans 99F de l'autre connard, on voit à quel point les créatifs (ça me fait mal au derche de l'écrire) sont des merdes sans imagination et sans talent. A mort !
C'est Toulouse-Lautrec qui serait content, tiens !
http://www.lautrec.info/i/posters/Moulin-Rouge.gif
"Vendre" de l'humanitaire au milieu de trucs inutiles, ça donne de l'importance aux produits de consommation et diminue celles des causes défendues.
C'est trop facile.
C'est vrai, ça sert à quoi des pubs pour l'humanitaire ? Si ça peut aider des causes, on s'en fout quand même !!
Pas d'accord.
C'est comme les restos du coeur ! C'est défendu par des artistes qui chantent au profit des autres. Même si ça sert de promo à l'artiste en question, n'empêche que ça fait aussi des thunes pour ceux qui en ont besoin. ça aide une cause. Si des gens sont près à payer pour aller voir Alizée sur scène, autant que leur argent aille à une cause.
Comme pour la pub : si des gens sont prés à ingurgiter des masses de spots sans intérêt et qu'il y en a une dans le lot qui sert une cause juste et importante, je suis pour.
C'est tellement plus facile de ne rien faire ! Tenter de détourner un système comme la pub est un vrai défi parce que, de toutes manière on ne peut pas faire sans. (à moins de pas regarder la télé et de marcher dans la rue les yeux fermé)
C'est tout mon propos : réussir à contourner ce système pour en faire quelque chose de plus interessant.
l'archer vert
18/12/2004, 12h44
La pub est un concept de merde. Ce n'est pas un outil. C'est le mal incarné. Qui a tellement pris d'importance que ces suppots sont devenus des stars. Dur de les appeler "créatif" quand on voit les bouses qu'ils pondent. Et ils gagnent des millions ?? Dans 99F de l'autre connard, on voit à quel point les créatifs (ça me fait mal au derche de l'écrire) sont des merdes sans imagination et sans talent. A mort !
Bon, d'accord. Alors, à ce moment là, on arrête la pub, les affiches, les clips musicaux. Et tant qu'on y est on arrette LE MAGAZINE LITTERRAIRE qui fait rien qu'a faire de la pub pour les livres, STUDIO qui fait de la pub pour les films, etc...
La pub en soi ce n'est pas sale. C'est normal d'essayer de faire vendre son produit (quand Jim ou Nikolavitch font de la pub pour leurs albums, ça ne te fait pas beaucoup réagir). Là où tu as raison, c'est le formatage, le bourrage de crâne qu'opérent 98 % des messages publicitaires, l'indigence de la création. Mais personne ne t'oblige à y prêter attention. Tu es assez grand pour séparer le support (une petite fiction sympa, rigolote, bien tourné comme ça arrive parfois) et le message publicitaire ("Achetez ! Achetez ! Achetez ! Achetez ! Achetez ! Achetez ! Achetez ! Achetez ! Achetez !")
Jim Lainé
20/12/2004, 10h47
Acheté Mission Alice, une anthologie publiée chez Mnemos, compilée par Richard Comballot, déjà fédérateur de la compilation les Ombres de Peter Pan, chez les même éditeur. Déjà lu la nouvelle de Xavier Mauméjean, qui se passe durant le premier conflit mondial, et raconte l’affrontement d’un peloton anglais face à des soldats très étranges, aux imépéntrables armures blanches. Comme souvent chez Mauméjean, c’est jeu de mots et décalages à foison, plein de références partout, peut-être trop, mais c’est très agréable. Et la chute est forte, également… Lu également la nouvelle de Johan Héliot, qui se situe quant à elle à la hauteur de la Commune de Paris. On y retrouve les petites fixettes historiques de Héliot, Badinguet notamment, mais aussi Nadar et le Duc de Morny. C’est astucieux et plein de références, avec des clins d’œil intertextuels tout partout. Vraiment très sympa. Ça commence bien, cette anthologie. Repéré une nouvelle qui s’intitule “Alice en verres miroir”, et déjà, rien que le titre me fait dresser l’oreille…
Bref, je conseille : les anthologies de Mnemos sont décidément très séduisantes, alors que l’art de compilation n’est ni facile ni vendeur. Chapeau !
Jim
Manticore
20/12/2004, 12h40
Juste lu la nouvelle de Daniel Walther. En général, je les trouve assez gratuites et mal fichues, mais celle-ci, sans être inoubliable, est bien menée.
Pas eu le temps de lire plus loin, je suis dans le Ronin Ro, Tales to Astonish: pas toujours très bien écrit; le sujet est souvent survolé, il y a çà et là des détails inexacts.
L'auteur se positionne fermement dans le camp de ceux qui pensent que Kirby était la grande force motrice et imaginative de Marvel, et que Lee était un dialoguiste épatant. La complémentarité était totale: Kirby, on l'a vu à partir du Fourth Wold, n'était pas très doué pour les dialogues, et Lee avait une imagination assez terre-à-terre. Mais Lee a laissé édifier autour de lui une légende qui minimisait l'apport de Kirby, de Ditko, de Heck, de Romita et arrangeait bien les affaires de Martin Goodman...
J'avoue que je serais plutôt de cet avis.
On apprend des choses dans le bouquin. Pas énormément, parce qu'au fil des années, nombre de témoignages capitaux sur Lee et Kirby ont déjà paru, dans le Comics journal ou le Kirby Collector entre autres (la série d'articles A Failure to communicate, passée dans TKC, mettant en parallèle les notes de Kirby dans les marges de ses planches et les dialogues finaux de Lee, est particulièrement révélatrice du gouffre qui a fini par mener au départ de Kirby de chez Marvel).
Bref, c'est une intéressante récapitulation, mais pas un bouquin foncièrement novateur.
Jim Lainé
21/12/2004, 10h51
Classique, mais toujours pertinent :
When things in your life seem almost too much to handle, when 24 hours in a day are not enough, remember the mayonnaise jar and the coffee...
A professor stood before his philosophy class and had some items in front of him. When the class began, wordlessly, he picked up a very large and empty mayonnaise jar and proceeded to fill it with golf balls. He then asked the students if the jar was full. They agreed that it was.
The professor then picked up a box of pebbles and poured them into the jar. He shook the jar lightly. The pebbles rolled into the open areas between the golf balls. He then asked the students again if the jar was full. They agreed it was.
The professor next picked up a box of sand and poured it into the jar. Of course, the sand filled up everything else. He asked once more if the jar was full. The students responded with a unanimous "yes." The professor then produced two cups of coffee from under the table and poured the entire contents into the jar, effectively filling the empty space between the sand. The students laughed.
"Now," said the professor, as the laughter subsided, "I want you to recognize that this jar represents your life." The golf balls are the important things, your God, family, your children, your health, your friends, and your favorite passions, things that if everything else was lost and only they remained, your life would still be full.
The pebbles are the other things that matter like your job, your house, and your car. The sand is everything else, the small stuff.
"If you put the sand into the jar first," he continued, "there is no room for the pebbles or the golf balls. The same goes for life. If you spend all your time and energy on the small stuff, you will never have room for the things that are important to you.
Pay attention to the things that are critical to your happiness. Play with your children. Take time to get medical checkups. Take your partner out to dinner. Play another 18. There will always be time to clean the house and fix the disposal." Take care of the golf balls first, the things that really matter. Set your priorities. The rest is just sand"
One of the students raised her hand and inquired what the coffee represented. The professor smiled. "I'm glad you asked. It just goes to show you that no matter how full your life may seem, there's always room for a couple of cups of coffee with a friend."
Jim
Jim Lainé
21/12/2004, 10h58
Trouvé une petite merveille : ça s’appelle Nos amis les français : guide pratique à l’usage des GIs en France, 1944-1945. Il s’agit de la traduction d’un petit guide distribué aux soldats américains après le débarquement, qui, sous la forme d’un système de questions/réponses, permettait de présenter aux libérateurs qui étaient les personnes qu’ils libéraient. Les réponses sont très objectives et pédagogiques, mais ne se départissent jamais d’une ironie discrète et pinçante. Pour exemple, à la question qui demande pourquoi les trains n’arrivent jamais à l’heure en France, la réponse précise que, d’une part, les Allemands ont pris les locomotives et le matériel et que, d’autre part, les Américains ont bombardé les gares, ce qui ne facilite pas l’arrivée des trains à l’heure…
Formidable…
Jim
SgtPépère
21/12/2004, 18h00
Classique, mais toujours pertinent :
Ouaip, très bon. Je la connaissais mais je ne me souvenais pas de la fin. Ce qui est un peu ironique après tout ...
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