Voir la version complËte : NWJ 28/09/04 : Où va se nicher le techno babble ?
Nikolavitch
28/09/2004, 15h34
http://www.superpouvoir.com/logos/nwj_logo.jpgIl y a une sorte de poésie étrange dans le techno-babble... Là faut que je m'arrête tout de suite... Déjà, je triche. Plutôt que de dire techno-blabla, par exemple, j'utilise une forme anglophone qui fait tout de suite plus tech, justement. C'est honteux. Et ça va anéantir mon argumentation, en plus.
Et puis merde, je m'en fous après tout.
Donc...
Il y a une sorte de poésie étrange dans le techno-babble, ce langage curieux qu'on trouve généralement dans les séries télés de SF et les comics avec savants fous (mes préférés), langage qui tente de masquer sous des noms ronflants le total manque de connaissances scientifiques des auteurs. Les torpilles à photon, zones négatives, vitesses de distorsion et autres tubes de jeffries, personne, pas même les fans les plus hardcore, n'est capable d'en donner une explication qui soit à la fois cohérente et qui tienne vaguement la route sur un plan scientifique.
Mais bon, quand un tech de l'Enterprise dit "les cristaux de dilithium ne sont plus alignés, faut redescendre en vitesse d'impulsion", on sait que ça chie pour le vaisseau. Et c'est l'essentiel, le dialoguiste a réussi à faire passer le message sans avoir à utiliser des expressions triviales du genre "on est foutus". Le dialogue entre le répliquant et son créateur, dans Blade Runner, est un grand moment dramatique. Mais les considérations génétiques qu'il contient sont dramatiques aussi. Si avec un peu de bienveillance et de bonne volonté, on peut comprendre les notions brassées, il faut bien reconnaître que sur le plan purement de la façon dont marchent nos petits gènes, c'est du grand n'importe quoi.
Dès qu'on creuse, c'est pire. Papy Asimov (je rigole, mais j'adore Asimov. Même Will Smith n'a pas réussi à me le faire renier), avec ses robots à cerveau positronique, fait monter d'un niveau le degré d'émerveillement : le positron (plus communément appelé positon), c'est l'antiélectron, l'électron positif. Jusque là, n'importe qui qui ne dormait pas en cours de chimie en Quatrième peut suivre. En tant qu'électron d'un genre un peu particulier, il se comporte à peu près comme un électron. On peut donc dire que le cerveau positronique (au coeur de tout le cycle romanesque asimovien, ne l'oublions pas) est un genre de cerveau électronique un peu particulier. Jusque là, pas de problème. Sauf que l'électron positif, il appartient à cette catégorie d'objets physiques qu'on appelle l'antimatière. Eh oui, l'antimatière, pour le coup, même si c'est beaucoup employé dans le techno-babble, justement, ça existe en vrai et on la produit régulièrement dans des accélérateurs de particules. Il y a même des positrons (en faible proportion) dans le vent solaire. Tout ça pour dire que, si les positrons du cerveau des robots sont mis en contact avec la matière ordinaire, ça risque de déclencher des trucs pas cools, genre explosion avec émission de radiations ionisantes bien cancérigènes. Un truc qu'Asimov n'a jamais exploité dans ses textes. Alors qu'on pourrait avoir le truc du genre un méchant qui braque un pistolet vers la tête d'un robot en gueulant : "si je lui tire une balle dans la tête, alors on crévera tous dans d'atroces souffrances, alors foutez-moi tranquille". On serait quand même moins emmerdé s'il avait doté ses robots d'un cerveau électronique, comme tout le monde.
Et le techno-babble a un petit frère. Le magical-babble. Dans les Marvel Comics, par exemple, il y a l'invocation aux Vishanti, les bandeaux de Cytorrak, etc... Toutes les séries télés à la con présentant des sorcières, des chasseurs de vampires et autres combattants du paranormal vont jongler avec ce genre de trucs, piochés dans les J'Ai Lu L'Aventure Mystérieuse, dans Lovecraft, dans les pages horoscope de Télé 7 Jours voire, pour les plus croustillants, dans le Vermot. Dès que les scénaristes s'y connaissent vaguement en sataniques du dimanche, en templiers d'extrême droite et en savants nazis, hop, ils balancent plein de termes à la con, du genre orgone, Azathoth ou grande loge blanche.
Ce qui est très amusant, c'est de voir ce techno-babble contaminer aussi le langage normal. Par exemple, la radio-activité est une réalité. Il y a la radio-activité naturelle, la radio-activité légère (celle d'une montre qui brille dans le noir, par exemple) et puis les phénomènes à la Tchernobyl qui fournissent aux cirques du monde leur contingent de moutons à cinq pattes. Eh bien le mot est employé à toutes les sauces, de l'araignée radio-active de Peter Parker (devenue, la mode changeant, une araignée OGM) aux expressions du genre "le quartier il est un peu radio-actif pour ta gueule, maintenant", et la radio-activité est utilisée à toutes les sauces.
Souvent, même les infos sérieuses emploient du techno-babble, en ce sens que les termes scientifiques employés sont vidés de tout sens, et utilisés une fois sur deux hors de propos et donc n'ont pas forcément l'air d'avoir plus de sens que les explications du professeur Bergman dans Cosmos 1999. Le journaleux lit son texte sans comprendre ce qu'il raconte plus que ne le faisait Gillian Anderson quand elle débitait les répliques de Scully face à un Mulder admiratif.
Alors on entend parler des gènes de ceci et gènes de cela que pas mal d'études sérieuses (forcément sérieuses, on en parle aux infos, alors vous pensez) nous présentent. Hé les mecs, les gènes codent des protéines, pas des comportements. Le gène de l'alcoolisme, de l'homosexualité ou de la bosse des maths, ça me fait doucement rigoler. Toute l'astuce pour le journaleux est d'avoir l'air d'y croire et de savoir ce que veulent dire les termes (c'est comme dans Urgences : vous croyez vraiment que Georges Cloné il sait ce que c'est qu'une hémorragie sous-durale ?) et il a l'air d'un pro. Mais ça reste dans le meilleur des cas de la bouillie verbale, dans le pire un outil à embrouiller les masses en leur faisant croire qu'elles ont compris, voire qu'elles ont compris qu'elles ne peuvent pas comprendre.
Pis encore, les gourous de la communication et les gourous de sectes s'y mettent aussi ! Comprennant le potentiel de ce genre de jargons dénués de sens, ils en rajoutent partout, soit pour rendre "scientifiques" des étalages de banalités, soit pour rendre délibérément obscurs leur fatras habituel. Voir la "scientifique" de Raèl expliquer pourquoi leur technique de clonage allait forcément marcher était d'une cocasserie sans nom (y'a encore des gens pour croire que la mémoire d'une personne s'inscrit dans les gènes, et donc que l'âme et la personnalité de cette personne seront présentes dans le clone) dès qu'on a un peu suivi l'état de la recherche dans ce domaine. Mais pour un clampin moyen, ça peut avoir l'air très carré. En cela, le techno-babble rejoint les jargons divers qui fleurissent un peu partout, qu'ils soient professionnels, sociaux, etc...
À cette différence près que le jargon est censé améliorer l'efficacité de la communication entre membres du groupe. Alors que le techno-babble, le vrai, n'est là que pour masquer un vide en ne disant quasiment rien. De la poésie, je vous dis.
JayWicky
28/09/2004, 15h51
En gros, avec les différentes sortes de babbles, l'important c'est de ne pas être dupe.
JW
Nikolavitch
28/09/2004, 15h52
En gros, avec les différentes sortes de babbles, l'important c'est de ne pas être dupe.
JW
Ouais : quand c'est Reed Richards, c'est pas grave, c'est pour la déconne. Quand c'est un commissaire européen qui se la joue pour que personne pige que le prochain réglement est une enculade, c'est déjà plus génant. et quand c'est un sectaire, alors là....
http://www.superpouvoir.com/logos/nwj_logo.jpgprofesseur Begman dans Cosmos 1999.
BeRgman.
Merci pour ce texte hilarothanatogène (ben oui je me cultive ;o).
O.
Nikolavitch
28/09/2004, 15h59
BeRgman.
oups. ayé, c'éest corrigé.
Merci pour ce texte hilarothanatogène (ben oui je me cultive ;o).
tu le trouves désopilant à ce point ?
Jim Lainé
28/09/2004, 16h24
Plutôt que de dire techno-blabla, par exemple, j'utilise une forme anglophone qui fait tout de suite plus tech, justement. C'est honteux. Et ça va anéantir mon argumentation, en plus.
Tss tss…
ne doute pas…
Si tu doutes de tes pouvoirs, alors tu donnes du pouvoir à tes doutes !!!
Il y a une sorte de poésie étrange dans le techno-babble, ce langage curieux qu'on trouve généralement dans les séries télés de SF et les comics avec savants fous (mes préférés), langage qui tente de masquer sous des noms ronflants le total manque de connaissances scientifiques des auteurs. Les torpilles à photon, zones négatives, vitesses de distorsion et autres tubes de jeffries, personne, pas même les fans les plus hardcore, n'est capable d'en donner une explication qui soit à la fois cohérente et qui tienne vaguement la route sur un plan scientifique.
Somme toute, c'est rigolo…
Dans les FF, quand Ben Grimm répétait à Stretcho que c'est pas la peine d'expliquer, qu'on n'y comprendrait rien, que l'important c'est que ça marche, je me suis toujours dit que c'était un peu un métaphore : genre Kirby qui dit à Lee "ouais ouais, avance dans ton histoire, les lecteurs ils comprendront quand même"… (ce qui présuppose que Lee était capable de ce genre de distance par rapport à son boulot, ce qui ne m'étonnerait qu'à moitié…).
Le dialogue entre le répliquant et son créateur, dans Blade Runner, est un grand moment dramatique. Mais les considérations génétiques qu'il contient sont dramatiques aussi. Si avec un peu de bienveillance et de bonne volonté, on peut comprendre les notions brassées, il faut bien reconnaître que sur le plan purement de la façon dont marchent nos petits gènes, c'est du grand n'importe quoi.
Ne touche-t-on pas ici les limites du discours scientifique glissé dans le dialogue dramatique ? Je veux dire… combien de manuels de physique, de chimie, de génétique, de botanique, seraient transcriptibles pour en faire des dialogues fluides ?
C'est un aspect particulièrement acrobatique du travail du scénariste-dialoguiste. Rien n'étant insoluble, c'est sans doute faisable, mais sans doute périlleux…
Tout ça pour dire que, si les positrons du cerveau des robots sont mis en contact avec la matière ordinaire, ça risque de déclencher des trucs pas cools, genre explosion avec émission de radiations ionisantes bien cancérigènes. Un truc qu'Asimov n'a jamais exploité dans ses textes. Alors qu'on pourrait avoir le truc du genre un méchant qui braque un pistolet vers la tête d'un robot en gueulant : "si je lui tire une balle dans la tête, alors on crévera tous dans d'atroces souffrances, alors foutez-moi tranquille".
Bon plan, ça, bonne idée, belle scène…
Et le techno-babble a un petit frère. Le magical-babble. Dans les Marvel Comics, par exemple, il y a l'invocation aux Vishanti, les bandeaux de Cytorrak, etc... (…) Dès que les scénaristes s'y connaissent vaguement en sataniques du dimanche, en templiers d'extrême droite et en savants nazis, hop, ils balancent plein de termes à la con, du genre orgone, Azathoth ou grande loge blanche.
Après, effectivement, ils tombent dans des poncifs et des clichés qui prouvent que, même pour des trucs "pas sérieux" comme la magie, ils ne sont en général pas plus documentés que pour les trucs "sérieux" comme la physique.
Alors que, quand un scénariste un peu documenté (Englehart sur Doc Strange, Moore sur Promethea) nous parle de magie, là, on passe une vitesse au-dessus…
Chose amusante, le fait de nommer, dans la magie, est particulièrement important (voir la mythologie du Golem, voir le Verbe, voir plein de trucs…), et pourtant, personne, ou bien peu, ne l'exploite…
Alors que ce serait tellement plus facile, évocateur, et intéressant…
Eh bien le mot est employé à toutes les sauces, de l'araignée radio-active de Peter Parker (devenue, la mode changeant, une araignée OGM) aux expressions du genre "le quartier il est un peu radio-actif pour ta gueule, maintenant", et la radio-activité est utilisée à toutes les sauces.
C'est ce que l'on appelle aussi une "baguette magique pour scénaristes" : à ce stade, c'est pas encore bien méchant, ça permet surtout d'établir un pont entre l'auteur et son public, qu'ils parlent de la même chose. La nano-technologie commence à rentrer dans le sérail, à ce niveau : personne ne sait ce que ça fait, même les plus renseignés, mais "ça parle"…
Plus fâcheux, mais plus intéressant, est la déviance vers le langage de la rue, que tu décris…
(c'est comme dans Urgences : vous croyez vraiment que Georges Cloné il sait ce que c'est qu'une hémorragie sous-durale ?)
Moi je sais, maintenant, merci Tonton Alex !
dans le pire un outil à embrouiller les masses en leur faisant croire qu'elles ont compris, voire qu'elles ont compris qu'elles ne peuvent pas comprendre.
Le langage comme outil de contrôle des masses, on n'a pas fini d'en parler. On écoute celui "qui parle comme un livre" quasi religieusement, même encore aujourd'hui, la maîtrise du langage et du jargon revêt une fonction et une allure presque mystiques…
La novlangue, la zorglangue, ou le français médiatico-politique xyloglosse, c'est le même combat : noyer le poisson, nommer sans nommer, parler pour endormir…
L'anesthésie par le langage…
Pis encore, les gourous de la communication et les gourous de sectes s'y mettent aussi ! Comprenant le potentiel de ce genre de jargons dénués de sens, ils en rajoutent partout, soit pour rendre "scientifiques" des étalages de banalités, soit pour rendre délibérément obscurs leur fatras habituel. (…) Mais pour un clampin moyen, ça peut avoir l'air très carré. En cela, le techno-babble rejoint les jargons divers qui fleurissent un peu partout, qu'ils soient professionnels, sociaux, etc...
Pour paraphraser ce que je disais sur l'un de mes trids ("il était vêtu… "blablabla…) :
Ces gens sont "victimes" du syndrome du Verbe, de la volonté de maîtriser le monde (leur sujet étriqué, qui se réduit, se focalise, et résume l’univers). C’est un vieux principe magique, une vieille antienne alchimique, un atavisme biblique, un réflexe conditionné, crypto-pavlovien, qui nous amène à nommer les choses pour avoir sur elles un pouvoir. On nomme un élément nouvellement découvert ou un enfant fraîchement né, mais il n’est pas question de nommer Dieu, dont le véritable nom est inconnu, oublié, ou dissimulé au milieu de cent mille autres.
Nommer, c'est maîtriser (ou donner l'apparence que…) et rassurer (ou se donner l'illusion de…).
À cette différence près que le jargon est censé améliorer l'efficacité de la communication entre membres du groupe. Alors que le techno-babble, le vrai, n'est là que pour masquer un vide en ne disant quasiment rien. De la poésie, je vous dis.
Oui, mais le techno-blabla est un jargon comme un autre, qui se définit plus par les affinités et proximités pop-culturelles que par la naissance, l'extraction, la profession ou le terreau linguistico-culturelle, et en tant que tel, c'est un outil de ghettoïsation. On se resserre autour de ce que l'on partage… et on s'exclut du reste de la société…
Ce qui n'empêche pas, à terme, de perdre la maîtrise de ce sur quoi le langage devrait nous donner du pouvoir…
Fâcheux…
Jim
JayWicky
28/09/2004, 16h38
Dans les FF, quand Ben Grimm répétait à Stretcho que c'est pas la peine d'expliquer, qu'on n'y comprendrait rien, que l'important c'est que ça marche, je me suis toujours dit que c'était un peu un métaphore : genre Kirby qui dit à Lee "ouais ouais, avance dans ton histoire, les lecteurs ils comprendront quand même"… (ce qui présuppose que Lee était capable de ce genre de distance par rapport à son boulot, ce qui ne m'étonnerait qu'à moitié…).
C'est exactement ce qu'il dit dans son entretien avec Kevin Smith. Il dit grosso modo que Reed Richards, c'est lui, c'est un type qui ramène sa science sans arrêt, et qu'il l'a inventé pour pouvoir se moquer de lui à travers les autres personnages.
JW
Jim Lainé
28/09/2004, 16h45
Jack Grimm et Stan Richards…
C'est exactement ce qu'il dit dans son entretien avec Kevin Smith. Il dit grosso modo que Reed Richards, c'est lui, c'est un type qui ramène sa science sans arrêt, et qu'il l'a inventé pour pouvoir se moquer de lui à travers les autres personnages.
Sans déconner ?
Je savais pas…
Mais Ben Grimm, pour moi, ça a toujours été Kirby (on est d'accord, j'imagine…) alors ça tombait sous le sens…
Jim
Nikolavitch
28/09/2004, 16h56
Ne touche-t-on pas ici les limites du discours scientifique glissé dans le dialogue dramatique ? Je veux dire… combien de manuels de physique, de chimie, de génétique, de botanique, seraient transcriptibles pour en faire des dialogues fluides ?
C'est un aspect particulièrement acrobatique du travail du scénariste-dialoguiste. Rien n'étant insoluble, c'est sans doute faisable, mais sans doute périlleux…
après, ça s'appelle la Hard Science, ou Hard SF, de la SF qui tient sur de vrais concepts scientifiques. c'est parfois un peu lourd à lire, en effet.
Après, effectivement, ils tombent dans des poncifs et des clichés qui prouvent que, même pour des trucs "pas sérieux" comme la magie, ils ne sont en général pas plus documentés que pour les trucs "sérieux" comme la physique.
Alors que, quand un scénariste un peu documenté (Englehart sur Doc Strange, Moore sur Promethea) nous parle de magie, là, on passe une vitesse au-dessus…
Chose amusante, le fait de nommer, dans la magie, est particulièrement important (voir la mythologie du Golem, voir le Verbe, voir plein de trucs…), et pourtant, personne, ou bien peu, ne l'exploite…
Alors que ce serait tellement plus facile, évocateur, et intéressant…
c'est clair que ça se voit tout de suite quand l'auteur a étudié le truc, que ce soit en science ou en magie.
quand au fait du pouvoir des noms, il y a parfois de petites choses très intéressantes, mais c'est souvent discret.
C'est ce que l'on appelle aussi une "baguette magique pour scénaristes" : à ce stade, c'est pas encore bien méchant, ça permet surtout d'établir un pont entre l'auteur et son public, qu'ils parlent de la même chose. La nano-technologie commence à rentrer dans le sérail, à ce niveau : personne ne sait ce que ça fait, même les plus renseignés, mais "ça parle"…
un peu comme les entités méga cosmiques de la semaine dernière.
Oui, mais le techno-blabla est un jargon comme un autre, qui se définit plus par les affinités et proximités pop-culturelles que par la naissance, l'extraction, la profession ou le terreau linguistico-culturelle, et en tant que tel, c'est un outil de ghettoïsation. On se resserre autour de ce que l'on partage… et on s'exclut du reste de la société…
justement, peut-être pas. le technoblabla est tellement abstrait (le vrai, celui qu'on utilise comme remplissage dans FF ou Star Trek) qu'il en devient une entité linguistique propre, mais qui ne véhicule pas d'information. Un langage qui est un non langage, qui est devenu abstrait, de la pure forme. De la poésie pure.
Jim Lainé
28/09/2004, 17h23
après, ça s'appelle la Hard Science, ou Hard SF, de la SF qui tient sur de vrais concepts scientifiques. c'est parfois un peu lourd à lire, en effet.
En terme de dialogues, surtout.
Dans le cours de la narration (quitte à repasser en mode "tell no show"), ça passe, mais les dialogues demande une fluidité que la documentation rigidifie…
mais rien n'est insurmontable !
justement, peut-être pas. le technoblabla est tellement abstrait (le vrai, celui qu'on utilise comme remplissage dans FF ou Star Trek) qu'il en devient une entité linguistique propre, mais qui ne véhicule pas d'information.
Mais n'est-ce pas le propre de toute ghettoïsation linguistique : définir une identité socio-culturelle d'abord, avant de véhiculer un message ? Voire, au détriment du message ?
Un langage qui est un non langage, qui est devenu abstrait, de la pure forme. De la poésie pure.
Du langage sans contenu ?
Je renverrai pour l'occasion à la Littérature Sans Estomac (Pocket, Agora) que fustige Pierre Jourde :
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2266126202/qid=1096380521/ref=sr_8_xs_ap_i1_xgl/402-9948367-6924112
Le texte de 4 de couv :
Par calcul ou par bêtise, des textes indigents sont promus au rang de chefs d’œuvre. Leur fabrication suit des recettes assez simples. Pierre Jourde en donne quelques-unes. Il montre comment on fait passer le maniérisme pour du style et la pauvreté pour de la sobriété. Cette "littérature sans estomac" mélange platitudes, niaiseries sentimentales et préoccupations vétilleuses chez Christian Bobin, Emmanuelle Bernheim ou Camille Laurens. Il existe aussi des variétés moins édulcorées d’insignifiance, une littérature à l’épate, chez Darrieusecq, Frédéric Beigbeder ou Christine Angot. La véhémence factice y fait proliférer le cliché. Ce livre renoue avec le genre du pamphlet et s’enthousiasme pour quelques auteurs qui ne sont pas des fabricants de livres, mais des écrivains. En prélude à ces vigoureuses relectures, un sort particulier est fait au symbole par excellence de cette confusion des valeurs, Philippe Sollers, ainsi qu’à son "organe officiel", le supplément littéraire d’un prestigieux journal du soir.
commentaire :
Un essai polémique intelligent, courageux et salubre: l'auteur français, professeur à l'université de Grenoble III, cite le nom des auteurs, tous français, auxquels il s'en prend. Il montre que des recettes assez simples, mais sans grand rapport avec la littérature "honorable", sont à la base de bien des oeuvres qui ont eu les faveurs de la critique et parfois du public, dans les années 1990. Principales cibles: P. Sollers et le groupe qui gravite autour de lui, au "Monde des livres", (excellente partie, très cinglante etc., l'écriture des Éditions de Minuit, les écrivains "à l'épate": F. Beigbeder, C. Angot, (qui en prennent plein les ratiches, vondeurfoule) etc. Excellent dans l'étripage, l'auteur a la main moins sûre quand il s'agit de désigner les "bons" auteurs français et surtout quand il propose ses définitions de l'écriture. À noter l'interlude nuancé, consacré à Michel Houellebecq, "l'individu louche", (très bien construit) p. 265-289.
Petit article dans Lire
Nos héros sont démasqués
Entre deux cours de littérature, le professeur Pierre Jourde s'adonne au tir aux pigeons, histoire de descendre les best-sellers que la pub ou la critique (qui ont parfois partie liée) nous imposent. D'un coup de crayon rouge, il transperce les truismes et démasque les révolutionnaires en peau de lapin. Le plus fort, c'est qu'on y prend plaisir, on respire mieux, on se sent vengé de s'être laissé bluffer si longtemps par «le système». A tout seigneur tout honneur, Philippe Sollers inaugure le massacre. Commandant suprême dans l'édition, royalement implanté dans la presse, il se réclame volontiers des marginaux, voire des maudits et dénonce «la France moisie», héritière de l'ignoble XIXe siècle.
En prime, il se penche sur un problème du jour, par exemple «la jouissance clitoridienne extrêmement inquiétante pour la surveillance métaphysique dont les femmes font l'objet». Au seul mot de «jouissance», une nuée de romancières se précipite, Christine Angot en tête. «50 000 exemplaires, ce n'est tout de même pas n'importe quoi pour, je rappelle le titre, L'inceste.» Voilà dépassé, selon elle, le Truismes de Marie Darrieussecq, plantées là Mmes Laurens et Bernheim qui parlent couramment le «durassique, mâtiné de barbaracartlandien».
Les âmes romantico-morbides leur préféreront le sombre Olivier Rolin tandis que les joyeux drilles opteront pour les facéties de Frédéric Beigbeder, «le Paganini du comment vas-tu yau de poêle». Survient un plus gros gibier, Michel Houellebecq, dont la férocité a émoustillé le Tout-Paris. Intimidera-t-il notre professeur? Vous plaisantez. Sous la provocation, il décèle la prudence aux aguets. Peu importe que le tourisme sexuel exploite la misère s'il s'arrête pile au seuil de la pédophilie. Au passage, la revue Lire reçoit un léger coup de griffe. Bien qu'ayant été une des premières à dénoncer «l'extension au domaine de l'odieux», elle a offert Plateforme à ses abonnés, afin qu'ils jugent sur pièces le corps du délit.
Pourtant, si justifiée soit-elle, la sévérité du professeur Jourde risque d'avoir des effets paralysants. Qui oserait encore écrire sous un tel regard? Proust rougirait de sa préciosité, Malraux de son emphase et Céline de l'abus des points de suspension. Certaines grandes lessives risquent de noyer le bébé avec l'eau du bain. A nous d'ouvrir l'oeil afin de ne pas prendre le premier tagueur venu pour un futur Rimbaud.
La littérature survit contre vents et marées médiatiques, il suffit de partir à sa recherche. Notre père Fouettard s'y emploie et distribue des bons points à ses favoris. Oserons-nous lui avouer que ses exécutions capitales nous amusent davantage et que le sang d'encre nous paraît fade après une débauche de sang frais? En outre, si l'on y regardait de près, ne lui découvrirait-on pas quelques péchés véniels? N'est-il pas l'auteur d'une dizaine d'ouvrages? Il doit bien y avoir une fausse note ici ou là. Allons-y voir, il ne demande que ça: que nous nous perdions dans les livres, c'est tout le malheur qu'il nous souhaite.
--Gabrielle Rolin, ©Lire
Le langage ne signifie plus ???
Jim
Mais comme le dit l'article de Lire, si on ne peut plus dire de conneries sans se faire épingler par Monsieur Nikolavitch ou Monsieur Jourde, est-ce qu'il va rester tellement de trucs interressant à raconter ?
Nikolavitch
28/09/2004, 18h42
Mais comme le dit l'article de Lire, si on ne peut plus dire de conneries sans se faire épingler par Monsieur Nikolavitch ou Monsieur Jourde, est-ce qu'il va rester tellement de trucs interressant à raconter ?
Ce que Jourde fustige, ce sont justement les auteurs post nouveau roman qui ne racontent rien. (lis n'importe quel truc Rive Gauche de rentrée littéraire et tu verras ce que je veux dire)
Nikolavitch
28/09/2004, 18h47
Du langage sans contenu ?
(...)
Le langage ne signifie plus ???
Précisément. Un langage sans valeur sur le plan du sens. de la glossolalie. du babble le plus pur. et quand on y réfléchit, la littérature contemporaine suit cette voix là, en vidant de sens les mots qui en avaient un.
le technobabble, lui, utilise des mots qui n'en ont pas du tout, ou pas dans le langage courant, en tout cas.
Manticore
28/09/2004, 21h17
Les torpilles à photon, zones négatives, vitesses de distorsion et autres tubes de jeffries, personne, pas même les fans les plus hardcore, n'est capable d'en donner une explication qui soit à la fois cohérente et qui tienne vaguement la route sur un plan scientifique.
Heu, les tubes de Jeffries, c'est tout bêtement les grands conduits d'aération qui sillonnent le vaisseau et qui permettent les réparations, les invasions et les infiltrations de riposte quand le vaisseau a été investi par les Zlourfs.
Ça pas bon exemple de technobabble, quoi.
Manticore
28/09/2004, 21h36
Après, effectivement, ils tombent dans des poncifs et des clichés qui prouvent que, même pour des trucs "pas sérieux" comme la magie, ils ne sont en général pas plus documentés que pour les trucs "sérieux" comme la physique.
Alors que, quand un scénariste un peu documenté (Englehart sur Doc Strange, Moore sur Promethea) nous parle de magie, là, on passe une vitesse au-dessus…
Documenté? Sur quoi? C'est de la magie. La magie n'existe pas! Pourquoi serait-il plus sérieux de se baser sur des vaticinations préexistantes plutôt que de créer les siennes propres? T'as envie de voir Dr Strange implorer les anges et les démons?
Englehart (quand il ne tire pas les thèmes astraux de ses héros pour avoir une meilleure vision du personnage!) et Moore sont intéressants parce qu'ils jouent avec une série de symboles plus ou moins connus, et qu'ils nous ressortent tout le boulot de délire fait par des gens qui ont fait ça pendant des siècles, et que c'est amusant de voir à quel point tout ça a été arrangé de façon propre et cohérente.
De là à dire que c'est intéressant parce que c'est documenté... Holà! C'est pas de la hard science, non plus!!!
J'aime bien Promethea, mais dans le genre magique, je préfère nettement le Dr Strange de Lee et Ditko, ou de Thomas et Colan. Promethea a un côté Kabbale pour les Nuls qui saoule un peu, à force. De plus, j'ai déjà lu des trucs sur les Tarots, la Kabbale et, finalement, ce sont aussi des poncifs. Ils ont juste l'avantage du rangement méticuleux sus-mentionné. Ça a la valeur pittoresque des traités des démonologues et d'angelologues qui ont classé la hiérarchie des enfers et du paradis, pouvoirs, trônes et dominion, sur des années, en recensant des milliers de noms, chopés va savoir où.
Franchement, je trouve Cyttorak, les Vishanti et Hoggoth aussi porteurs de rêverie que Habaquq, Asmodée et autres Matariel et Kokhaviel. Ni plus, ni moins.
Nikolavitch
28/09/2004, 22h20
Alors là je ne suis pas tout à fait d'accord avec notre Manticore favori.
Si une magie inventée de toutes pièces avec son propre jargon peut donner des résultats épatants (la pseudo magie tibétaine de Lee et Ditko, les invocations de Cthulhu Ftaghn par Lovecraft, etc), la magie "du monde réel", en dehors des symboles faciles recyclés de toutes parts a son intérêt. Parce que ce n'est pas un système isolé, et ça ne l'a jamais été. La Kabbale et les hiérarchies d'anges et de démons ne se conçoivent pas sans les religions du livre. Les danses magiques et les transes des shamanes font partie d'un système de pensée globale, d'une vision du monde complète et cohérente. L'accès au temps du rêve des aborigènes nous renvoie à des fondamentaux psychologiques. Bien manié, ça peut donner des histoires et des situations dramatiques formidables, que ça marche ou pas dans le monde réel.
Ce n'est certes pas du hard science, mais pour être fait correctement, ça demande tout autant de documentation.
Manticore
28/09/2004, 23h17
Ce n'est certes pas du hard science, mais pour être fait correctement, ça demande tout autant de documentation.
C'est ce que je dis: ça bénéficie de siècles de rangement et vaticinations frénétiques de monomaniaques. Bon, d'accord. Donc, si l'on veut traiter de ça, il faut se documenter. Ben, oui. C'est pareil si l'on veut faire une scène qui se passe à Prague: on se documente, c'est un réflexe normal.
Mais en quoi traiter correctement de mythologies/théologies/démonologies existantes serait-il intrinsèquement supérieur à l'équivalent inventé? Si l'on se contente de réutiliser la batterie de cuisine habituelle, c'est du simple boulot de documentaliste et le résultat est terne (le voyage de Promethea, sur la longueur, vous m'excuserez, mais c'est surtout les jolis dessins qui me plaisent, à force). S'il s'agit de traiter tout ça sous un angle un peu neuf, ce n'est pas la documentation qui compte, mais l'imagination qui fera le retraitement.
Lovecraft a montré qu'on pouvait accomplir des choses aussi parlantes pour le lecteur moderne que les hiérarchies angéliques ont pu l'être pour les gens du Moyen âge.
Aussi parlant, hein. Pas inférieur ni supérieur. Ce n'est pas le sujet qui compte, c'est le traitement. Ce n'est pas la Kabbale, c'est la façon dont Moore et Englehart en traitent.
JayWicky
29/09/2004, 00h57
Franchement, je trouve Cyttorak, les Vishanti et Hoggoth aussi porteurs de rêverie que Habaquq, Asmodée et autres Matariel et Kokhaviel. Ni plus, ni moins.
OK. Mais Habaquq, ça décalque. J'aurais bien voulu le trouver, çui-là. Agaguk aussi, j'aime bien. Le jour où quelqu'un sort "Habacuq Comics", je l'achète direct. Rien que pour le principe.
JW
JayWicky
29/09/2004, 01h14
Mais en quoi traiter correctement de mythologies/théologies/démonologies existantes serait-il intrinsèquement supérieur à l'équivalent inventé? Si l'on se contente de réutiliser la batterie de cuisine habituelle, c'est du simple boulot de documentaliste et le résultat est terne (le voyage de Promethea, sur la longueur, vous m'excuserez, mais c'est surtout les jolis dessins qui me plaisent, à force). S'il s'agit de traiter tout ça sous un angle un peu neuf, ce n'est pas la documentation qui compte, mais l'imagination qui fera le retraitement.
Ben, de toute façon, oui, c'est le traitement qui compte. La façon de faire. C'est comme dans l'éternel débat sur l'"originalité". Il n'y a de nouveau sous le soleil, Campbell avait raison, il doit y avoir grosso modo dix histoires originales au monde, déclinées de mille et une façons, etc... Et c'est dans la façon de re-raconter tout ça qu'on se distingue.
Maintenant, l'attrait de la documentation, je crois que c'est l'attrait du monde réel, tout simplement. Se référer à des livres qui existent, des paroles qui ont été dites, des théories qui ont été énoncées par d'autres personnes qui ont existé, qui ont laissé leur trace dans le monde. Je crois que c'est le même phénomène qui pousse le Star Wars Nerd de base à compiler un max de données sur son univers imaginaire préféré. Pareil pour ceux qui essaient d'établir une time-line cohérente de l'univers Marvel. Ce sont des données imaginaires, d'accord, mais imaginées par d'autres. Donc il y a ouverture vers l'extérieur. Tout à fait relative, surtout par rapport au travail des historiens qui eux, jouent au puzzle avec des faits réels (ou tout du moins supposés comme tels), mais ça relève du même élan vers autrui, même dans des proportions moindres.
Maintenant, je ne me risquerai pas à dire que c'est "mieux" ou "moins bien". Je n'ai aucune opinion tranchée à ce sujet. Il me semble aussi éclatant d'imaginer un crossover entre Robocop et La Poupée Sanglante que d'écrire spontanément des trucs du genre "drapons-nous des vapeurs occultes du Bingouli, mes frères, et ainsi échappons à l'ire des grabeurs".
JW
Manticore
29/09/2004, 09h25
"drapons-nous des vapeurs occultes du Bingouli, mes frères, et ainsi échappons à l'ire des grabeurs".
J'ai plutôt tendance à préférer ça. D'abord, ça chante joliment sous l'oeil, et puis, question vraisemblance, comme des siècles de Grand Albert ou diverses Crowleyseries ont surtout abouti à un constat patent d'échec, je dois faire des efforts disprportionnés pour suspendre mon incrédulité face à à des magies historiques.
Nikolavitch
29/09/2004, 10h11
J'ai plutôt tendance à préférer ça. D'abord, ça chante joliment sous l'oeil, et puis, question vraisemblance, comme des siècles de Grand Albert ou diverses Crowleyseries ont surtout abouti à un constat patent d'échec, je dois faire des efforts disprportionnés pour suspendre mon incrédulité face à à des magies historiques.
Ah, le noeud du problème est là... perso, j'aime bien les magies historiques. mais je pratique ça comme d'autres la bouzinade (wink, wink, Jay). Il y a toujours une incohérence ou un truc pas connu à gratter pour faire une histoire sympa.
sans pour autant invoquer un dieu chaussette dans ses chiottes ou faire des récits longuets.
Jim Lainé
29/09/2004, 12h26
Documenté? Sur quoi? C'est de la magie. La magie n'existe pas!
Le voyage dans le temps non plus. Ce qui n'empêche pas de se documenter sur les théories en cours… Voire sur les théories dépassées…
Pourquoi serait-il plus sérieux de se baser sur des vaticinations préexistantes plutôt que de créer les siennes propres? T'as envie de voir Dr Strange implorer les anges et les démons?
"la magie n'existe pas" ???
Le shamanisme existe, la transe existe, les symboles existent, Lourdes existe… Là encore, documentation…
Si Doc Strange va aux Enfers et que ceux-ci sont connotés "chrétien", j'attends une version qui ne soit pas l'Hadès, par exemple. Et inversement. ça c'est un exemple facile, mais par exemple, si Doc Strange rencontre un shaman, j'attends que le scénariste y ait jeté un œil, au shamanisme. Rien que le pauvre membre de l'Alpha Flight nous montre bien qu'à part une ou deux phrases du genre "l'ordre naturel est perturbé", c'est du grand n'importe quoi…
un autre grand pan mésestimé, et délaissé en BD, de la "magie", c'est le vaudou : personne n'en fait rien, et quand ils en font quelque chose, c'est pour avoir une histoire de zombie super cliché ! Plus proche d'ailleurs de Romero que du "vrai" vaudou !
Englehart (quand il ne tire pas les thèmes astraux de ses héros pour avoir une meilleure vision du personnage!) et Moore sont intéressants parce qu'ils jouent avec une série de symboles plus ou moins connus, et qu'ils nous ressortent tout le boulot de délire fait par des gens qui ont fait ça pendant des siècles, et que c'est amusant de voir à quel point tout ça a été arrangé de façon propre et cohérente.
Voilà.
Je crois que toi, moi, Niko et Jay disons la même chose. Seul le degré dans l'enthousiasme varie, mais sur le fond, nous sommes d'accord…
De là à dire que c'est intéressant parce que c'est documenté... Holà! C'est pas de la hard science, non plus!!!
ça peut demander le même boulot, la même énergie…
L'important, c'est la manière de faire de l'auteur, sa souplesse, son élégance…
Franchement, je trouve Cyttorak, les Vishanti et Hoggoth aussi porteurs de rêverie que Habaquq, Asmodée et autres Matariel et Kokhaviel. Ni plus, ni moins.
Oui, aussi, mais quand tu te plonges dans la Kabbale, y a aussi des putains de noms (et d'idées, et de concepts) qui font partir bien loin, pardi !
Ceci dit, je n'irais jamais cracher sur un scénariste qui préfère jongler avec Cyttorak, les Vishanti et tutti quanti : la doc existe aussi, ce sont les comics précédents, et c'est sans doute plus facile et très kiffant. C'est une solution, un choix, tout aussi légitime qu'un autre. Moi, j'essaierais de m'y cantonner, dans un premier temps, si je devais écrire Doc Strange…
En revanche, un scénariste qui écrit du vaudou sans s'être documenté avant, je le vois assez vite, et là, je ricane (dans mes bons jours)…
Jim
Il y aurait aussi des tonnes d'idées à creuser autour de ce qu'on appelle vaguement l'"ésoterisme". Ici, en France je veux dire; je n'ai jamais lu un comic de Moore, par exemple, (oui, je sais, il faut me lapider, j'ai honte) et il s'en sert peut être, mais j'ai joué plus jeune au JDR Nephilim, il y avait un putain de background entre les Règles et les aides de jeux !!! Enfin, pour moi, qui n'a aucune connaissance dans le domaine c'était impressionant. Je suis retourné à Avignon après avoir découvert l'univers du jeu, je n'ai plus vu du tout la ville de la même manière).
Sinon, pour la Kabbale..... j'ai étudié la Torah de manière assez sérieuse plus jeune et c'est déjà assez balaise. Enfin, ça s'étudie accompagné pour qu'on te montre ce qu'il y a entre les lignes. Je crois qu'il faut quelques décennies d'études religieuses avant d'être prêt à se plonger dans la Kabbale. Sans ça tu percutes peut être un dixième du truc.
Nikolavitch
29/09/2004, 12h46
Je crois qu'il faut quelques décennies d'études religieuses avant d'être prêt à se plonger dans la Kabbale. Sans ça tu percutes peut être un dixième du truc.
c'est pas tant le problème de pas percuter tout, que celui de percuter n'importe comment. c'est un discipline mentale assez particulière, la Kabbale, et si tu te plonges dedans sans un certain recul, tu finis par voir partout des symboles qui n'y sont pas, ce qui peut te rendre assez vite foldingot.
ce qui peut te rendre assez vite foldingot
Oui, j'ai entendu des histoires (vérités? légendes urbaines?) ou c'était arrivé au sens propre.
un autre grand pan mésestimé, et délaissé en BD, de la "magie", c'est le vaudou : personne n'en fait rien, et quand ils en font quelque chose, c'est pour avoir une histoire de zombie super cliché ! Plus proche d'ailleurs de Romero que du "vrai" vaudou !
Et les Invisibles, alors?? Y'a des vrais morceaux de mystique vaudou en plus des zombies, dedans...
Non, mais.
Nikolavitch
29/09/2004, 13h20
Oui, j'ai entendu des histoires (vérités? légendes urbaines?) ou c'était arrivé au sens propre.
Ben disons que ça fabrique assez facilement des paranos illuministes, qui voient des complots partout, des plans dans les plans, etc. La Numérologie, par exemple, part entre autres de la Kabbale (même si d'autres fées se sont penchées sur son berceau). Et les numérologues sont des gens assez saoulants, du genre qui peuvent te bassiner un heure avec des calculs sur la Grande Pyramide, calculs qui n'ont aucun sens dès lors qu'on sait (et les textes sont formels) que les égyptiens de l'époque utilisaient 3 comme valeur de Pi, sachant bien que ça tombait pas tout à fait pile, mais comme leurs mathématiques ne pouvaient pas gérer les fractions plus complexex que 1/2 ou 1/3, ils ne cherchaient pas plus loin du moment que ça permettait de construire des trucs qui se pétaient pas la gueule.
Jim Lainé
29/09/2004, 13h31
Et les Invisibles, alors?? Y'a des vrais morceaux de mystique vaudou en plus des zombies, dedans...
oui, tu as raison, mais il est vrai que je pensais essentiellement au mainstream "à la" doc Strange…
Et puis, tu conviendras que c'est un peu un cas isolé, là…
Mais Morrison fait tout de même partie des scénaristes qui, même s'il est complètement barjo (et ses histoires aussi), utilisent des concepts maîtrisés…
Jim
Ca fait penser aux fameux bouquins (il y en a deux je crois) sur les codes secrets dans la bible.
Genre tu mets tous les textes ensemble, tu mélanges, tu fous un super algorithme qui fait plein de calcul et on te sort le 11 septembre ou les attentats du RER prévus 3000 ans avant ! (mais bon, c'est mal foutu on déchiffre ça qu'après les événements)
Ahlala, c'était mieux quand je lisais Madame Soleil dans le France-dimanche de ma grand-mère
Sinon, j'ai déjà rencontré un gars qui m'a dit :
"Mais attends, il y a tout dans la Kabbale ... TOUT !!! la Création, les énergies renouvelables, la téléportation, TOUT je te dis !!!"
Jim Lainé
29/09/2004, 13h37
Ca fait penser aux fameux bouquins (il y en a deux je crois) sur les codes secrets dans la bible.
Genre tu mets tous les textes ensemble, tu mélanges, tu fous un super algorithme qui fait plein de calcul et on te sort le 11 septembre ou les attentats du RER prévus 3000 ans avant ! (mais bon, c'est mal foutu on déchiffre ça qu'après les événements)
ouais, c'est un peu comme l'ordinateur Aboulafia dans le Pendule De Foucault d'Umberto Eco, qui fait de la poésie aléatoire et recombinant les vers entre eux, qui trouve des connections entre les dates et les faits historiques, tout ça…
Là encore (puisque le sujet de ce trid, c'est l'écriture, et l'écueil du "techno-blabla"), l'important, c'est la manière dont l'auteur utilise une matière qui est "avérée", "documentée", ou quel que soit l'adjectif que l'on veuille bien lui associer…
Jim
Là encore (puisque le sujet de ce trid, c'est l'écriture, et l'écueil du "techno-blabla"), l'important, c'est la manière dont l'auteur utilise une matière qui est "avérée", "documentée", ou quel que soit l'adjectif que l'on veuille bien lui associer…
Jim
Mais comment tu vérifies/utilises/interprète une matière si tu situes l' "oeuvre" dans un monde totalement original ?
Bon, évidemment depuis Moorcock, Tolkien, Lovecraft, Wells depuis les chansonniers du Moyen Age peut-être même, même les fictions dans des mondes imaginaires sont difficilement et exceptionellement situées dans des mondes vraiment originaux.
Mais quand Gibson écrit Neuromancien ou Herbert, Dune, il ya pas ou disons peu de matière, de références à donner, c'est du pur imaginaire non ?
Nikolavitch
29/09/2004, 14h15
Ca fait penser aux fameux bouquins (il y en a deux je crois) sur les codes secrets dans la bible.
Genre tu mets tous les textes ensemble, tu mélanges, tu fous un super algorithme qui fait plein de calcul et on te sort le 11 septembre ou les attentats du RER prévus 3000 ans avant ! (mais bon, c'est mal foutu on déchiffre ça qu'après les événements)
Ahlala, c'était mieux quand je lisais Madame Soleil dans le France-dimanche de ma grand-mère
Et tu regardes leur truc, et tu t'apperçois qu'avec n'importe quel amas de lettre mélangées aléatoirement, tu peux trouver tout autant de références à tout ce que tu voudras. Je suis certain qu'en affinant leur technique, on peut trouver des phrases en Klingon dans la bible.
Nikolavitch
29/09/2004, 14h17
Sinon, j'ai déjà rencontré un gars qui m'a dit :
"Mais attends, il y a tout dans la Kabbale ... TOUT !!! la Création, les énergies renouvelables, la téléportation, TOUT je te dis !!!"
Et tu as la physique des particules dans le Tao, et une invasion d'aliens dans les Védas. Dommage que personne n'ai pu construire un accélérateur de particules grâce aux indications du Tao, ni un char volant en suivant les indications des Védas.
X-Files l'a presque fait non ? Avec le vaisseau avec des morceaux de bible, de théorèmes, de pleins de trucs dessus.
Nikolavitch
29/09/2004, 14h26
Mais comment tu vérifies/utilises/interprète une matière si tu situes l' "oeuvre" dans un monde totalement original ?
Bon, évidemment depuis Moorcock, Tolkien, Lovecraft, Wells depuis les chansonniers du Moyen Age peut-être même, même les fictions dans des mondes imaginaires sont difficilement et exceptionellement situées dans des mondes vraiment originaux.
Mais quand Gibson écrit Neuromancien ou Herbert, Dune, il ya pas ou disons peu de matière, de références à donner, c'est du pur imaginaire non ?
Justement pas. Herbert tape dans des concepts ésotériques divers et dans le pseudo biblique, Gibson fait de la prospective (et sort furieux de la première projo de Blade Runner, parce que Scott est en train de suivre précisément les mêmes pistes que lui, alors que Neuromancien n'est pas encore achevé, pistes de toutes façon assez évidentes, culture de la communication, des monstres économiques, etc, qui étaient en train de se décanter). Pour la prospective informatique, si tu lis Sur L'Onde de Choc, publié dix ans avant Neuromancien, tu t'apperçois que de toute façon les trucs étaient dans l'air du temps depuis longtemps.
Tolkien s'est énormément fondé sur son étude du finnois ancien et du Kalevela (l'épopée finnoise), ainsi que sur le cycle arthurien et les dérivés de la volsungasaga (dont la tétralogie de Wagner, donc certains motifs sont présents quasi au détail près).
Il n'y a guère que Lovecraft qui ait tout sorti d'un coup de son chapeau. Et encore, certaines de ses idées sont en germe dans Hogdson et Poe (qu'il lisait et qu'il cite explicitement en de nombreux endroits), et il était grand lecteur de Fraser, un historien des religions qui avait beaucoup travaillé sur les structures symboliques.
Le pur imaginaire, j'irais presque jusqu'à dire que ça n'existe pas. Rien n'arrive dans le vide. Tout auteur est la somme de ses lectures, de sa langue maternelle, de sa culture. Après, sa synthèse peut être originale. Mais même dans des langues inventées de toute pièce, tu trouveras des traces du substrat culturel de l'inventeur.
Nikolavitch
29/09/2004, 14h27
X-Files l'a presque fait non ? Avec le vaisseau avec des morceaux de bible, de théorèmes, de pleins de trucs dessus.
Tu veux du vaisseau spatial qui tue ? Tu lis les deux premiers chapitres du livre d'Ezechiel, dans la Bible, qui décrivent le vaisseau spatial de Dieu, avec son équipage. Ça tue tout.
Manticore
29/09/2004, 15h56
"la magie n'existe pas" ???
Le shamanisme existe, la transe existe, les symboles existent, Lourdes existe… Là encore, documentation…
Ouais, bon, là, je sors mon joker, parce que je suis un vil mécréant. Pour moi, la magie n'existe pas, et transes ou shamanisme ne sont pas de la magie, juste des techniques. Et j'ai tendance à loger Lourdes dans le carton "méthode Coué".
Si Doc Strange va aux Enfers et que ceux-ci sont connotés "chrétien", j'attends une version qui ne soit pas l'Hadès, par exemple. Et inversement. ça c'est un exemple facile, mais par exemple, si Doc Strange rencontre un shaman, j'attends que le scénariste y ait jeté un œil, au shamanisme. Rien que le pauvre membre de l'Alpha Flight nous montre bien qu'à part une ou deux phrases du genre "l'ordre naturel est perturbé", c'est du grand n'importe quoi…
Ben, oui, c'est en effet ce qu'on attend d'un travail de professionnel sérieux, comme quand le Dr Strange va à Lille, j'espère ne pas voir la tour Eiffel dans le paysage. Ma remarque ne portait que sur ta phrase disant que, quand c'est documenté, ça décolle. Je dis que non, pas forcément. Une histoire documentée, entre les mains d'un mauvais scénariste, ne sera pas obligatoirement intéressante. Au mieux, si les détails "véridiques" sont vrais, pourra-t-on se dire: "Ah, c'est intéressant, ça. Dommage que le scénario ne sache pas en faire quelque chose!"
ça peut demander le même boulot, la même énergie…
L'important, c'est la manière de faire de l'auteur, sa souplesse, son élégance…
Oui, et je classe ça avant la documentation. Un auteur qui me parle du vaudou en commençant par faire dire à son magicien de héros: "Le vaudou, c'est un tas de superstitions folkloriques, le vrai vaudou, c'est ce que je vais vous montrer", et qui part dans un délire où il invente tout, s'il me donne une histoire passionnante et une logique d'ensemble qui tient bien la route, je ne risque pas de perdre du temps à déplorer que la représentation du vaudou ne soit pas conforme aux études savantes du professeur Lugosi aux éditions du Poulet mort. Je suis plutôt du genre: "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse."
Oui, aussi, mais quand tu te plonges dans la Kabbale, y a aussi des putains de noms (et d'idées, et de concepts) qui font partir bien loin, pardi !
Eventuellement, certes. Mais bon, la Kabbale a traîné dans nombre de fictions, on la met un peu à toutes les sauces, ça peut aussi lasser. Et je répète que la documentation pèse peu en regard du don de conteur.
Ceci dit, je n'irais jamais cracher sur un scénariste qui préfère jongler avec Cyttorak, les Vishanti et tutti quanti : la doc existe aussi, ce sont les comics précédents, et c'est sans doute plus facile et très kiffant. C'est une solution, un choix, tout aussi légitime qu'un autre. Moi, j'essaierais de m'y cantonner, dans un premier temps, si je devais écrire Doc Strange…
La doc, c'était surtout que c'étaient des noms attachés à telle ou telle catégorie de sortilèges. Dès le moment où on commence à développer et à dissiper l'incertitude, on risque fortement de basculer dans le trivial (c'est ce dont on parlait dans l'enfilade sur les entités cosmo-beyondresques).
Le problème, c'est quand des gens peu inspirés s'en prennent au mythe: dans Dr Strange, c'est Marie Severin (ou Bill Everett, je ne sais plus lequel), qui nous dépeint le Vishanti sous forme d'une fouine avec des flammes à la place des yeux. C'est... euh, pas très stimulant, quand on a eu droit à Dormammu ou autres bestioles plutôt réussies par Ditko. Et comme par la suite, d'autres vont reprendre ça et développer dans des scénarios plus ou moins inspirés, on se retrouve avec un panthéon de fête foraine en banqueroute. Dès que le Dr Strange commence à discuter avec une fouine aux yeux de flamme en tenue de chevalier pour jeu de rôle, on tombe dans le trivial.
C'est pareil pour Lovecraft, d'ailleurs, à partir du moment où de sympathiques couillons comme Lin Carter ou August Derleth ont commencé à faire dans l'exploitation à ciel ouvert, développant et expliquant, ou rajoutant des concepts à eux, d'une tarterie déplorable. Il y a une nouvelle de Lin Carter où l'on apprend tout le contenu du Necronomicon, le livre dont la lecture rend fou, et c'est brutalement chiant: c'est aussi terrifiant que le guide Michelin et l'almanach du Gotha réunis: on y apprend ainsi tous les liens de parenté entre les divers mon-monstres accumulés dans le panthéon au fil des ans — Cthugha et Hastur sont les fils de Cthulhu, par exemple; dommage que Cthulhu ne semble pas avoir de frère, j'aurais aimé savoir de qui Cthugha était le neveu — et le trajet que ces divers guignols ont suivi pour arriver sur Terre.
Question imagination, c'est débandant à un degré qui fait, lui, entrevoir l'infini et la transcendance.
Manticore
29/09/2004, 16h05
Ca fait penser aux fameux bouquins (il y en a deux je crois) sur les codes secrets dans la bible.
Y a des codes secrets partout, ma bonne dame! Actuellement, Dan Brown est en train d efaire un carton en expliquant celui de Léonard - et d'après Le Canard Enchaîné, rien qu'au niveau description de la géographie parisienne, la documentation de l'auteur s'essoufle déjà devant la réalité. :D
Manticore
29/09/2004, 16h09
X-Files l'a presque fait non ? Avec le vaisseau avec des morceaux de bible, de théorèmes, de pleins de trucs dessus.
Ouais, avec le vaisseau spatial arrivé au début des temps, avec la Bible codée en navajo sur sa coque. Un grand moment de plausibilité, dans la série.
C'est là où j'ai commencé à décrocher
Manticore
29/09/2004, 16h16
Il n'y a guère que Lovecraft qui ait tout sorti d'un coup de son chapeau. Et encore, certaines de ses idées sont en germe dans Hogdson et Poe (qu'il lisait et qu'il cite explicitement en de nombreux endroits), et il était grand lecteur de Fraser, un historien des religions qui avait beaucoup travaillé sur les structures symboliques.
Et il cite aussi nombre de théories fumeuses dans l'air du temps, le Necronomicon est plus ou moins inspiré du manuscrit Voynich (à partir du King in Yellow de Chambers), HPL cite souvent Mme Blavatsky et autres illuminés.
Mais justement, Lovecraft crée en s'enracinant profondément dans le réel, pour donner une apparence de réalité à ses inventions. Un peu comme King, sauf que King, moins élitiste, cite plutôt les marques des produits que fréquentent ses héros, pour donner l'impression que ça se passe bien dans le monde de tous les jours.
Résultat: quand le lecteur découvre l'existence des constructions cyclopéennes de Ponape, il commence à se poser des questions sur le Necronomicon. :D
Effectivement, j'ai été une fois aux States, à 15 ans, j'étais plus pressé de voir le Maine (autant par rapport à King qu'à Lovecraft) que New York City !!!
Enfin, plus, j'éxagère un peu, j'avais envie de voir NY, mais tout autant !
DigiTalyn
29/09/2004, 16h36
Chose amusante, le fait de nommer, dans la magie, est particulièrement important (voir la mythologie du Golem, voir le Verbe, voir plein de trucs…), et pourtant, personne, ou bien peu, ne l'exploite…
Alors que ce serait tellement plus facile, évocateur, et intéressant…
Jim
C'est exploité dans Books of Magic. On y apprend que :
ATTENTION SPOILERS !
Le vrai nom de Tim Hunter serait Merlin. Merlin qui signifie Magie. Suivant l'équation du verbe, de l'évocation, et du nom dans le monde de la magie, cela veut donc dire que Tim Hunter est le creuset qui réunit toute la magie contemporaine.
Ne voyez pas là une quelconque surchauffe de mon neurone de blonde, je répète bêtement ce que Leto m'a dit.
Jim Lainé
29/09/2004, 16h38
Ouais, bon, là, je sors mon joker, parce que je suis un vil mécréant. Pour moi, la magie n'existe pas, et transes ou shamanisme ne sont pas de la magie, juste des techniques. Et j'ai tendance à loger Lourdes dans le carton "méthode Coué".
Mais même si ça n'existe pas, l'information existe. OK, les miracles Lourdes ou les apparitions de la vierge à Fatima, c'est peut-être du flan, mais bon, la documentation existe…
C'est ce que je reproche à Top Cow : ils parlent du Vatican sans avoir vu une seule carte postale de Rome, ils sortent des gros mots genre "la lance de Longinus" (que des cuistres traducteurs parfois ne traduisent pas en Longin, tiens…) sans savoir ce que c'est, sans même faire l'effort de se poser la question…
Ma remarque ne portait que sur ta phrase disant que, quand c'est documenté, ça décolle.
Alors je me suis mal exprimé : je voulais dire que, quand c'est documenté, on sent la différence (bon, c'est vrai, en prenant deux exemples qui me plaisent et me touchent, je me suis laissé embarquer par mon enthousiasme… et c'est vrai que ça marche pas à tous les coups…).
Je suis plutôt du genre: "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse."
Parfois, une belle ivresse dans un flacon élégant, c'est chouette…
qui plus est, la science à la Stan Lee, on sait bien que c'est du flan et des conneries, mais bon, ça fonctionne…
Je rappelle que ce trid s'inquiétait plus du "techno-blabla" chez les journalistes (Niko, sors ton exemple biblique que tu nous as montrés à nous, heureux nantis…) que chez les scénaristes…
Jim
DigiTalyn
29/09/2004, 16h43
Ca fait penser aux fameux bouquins (il y en a deux je crois) sur les codes secrets dans la bible.
Genre tu mets tous les textes ensemble, tu mélanges, tu fous un super algorithme qui fait plein de calcul et on te sort le 11 septembre ou les attentats du RER prévus 3000 ans avant ! (mais bon, c'est mal foutu on déchiffre ça qu'après les événements)
Ahlala, c'était mieux quand je lisais Madame Soleil dans le France-dimanche de ma grand-mère
Oui, et puis Paul McCartney est mort depuis de nombreuses années, celui qu'on connait actuellement n'est qu'un fake. D'ailleurs c'est la bible qui le dit.
Manticore
29/09/2004, 16h48
Longinus (que des cuistres traducteurs parfois ne traduisent pas en Longin, tiens…)
Boh, c'est pas une exception. Combien de Morpheus, de Leonardo et Michaelangelo, voire de Pluto et de je ne sais combien d'autres? Je viens de terminer la trado d'un livre qui se passe en Italie à l'arrivée d'Enée, je vous raconte pas le mal que j'ai eu à trouver les équivalents français de certains noms! C'est du boulot.
Parfois, une belle ivresse dans un flacon élégant, c'est chouette…
Je dis pas le contraire. Mais à choisir, je privilégie le contenu sur le contenant.
Je rappelle que ce trid s'inquiétait plus du "techno-blabla" chez les journalistes (Niko, sors ton exemple biblique que tu nous as montrés à nous, heureux nantis…) que chez les scénaristes…
Hmmm. Qui a dévié sur les scénaristes et la magie, qu'on l'engueule?
Oui mais le journaliste il est foutu.Je parle du journaliste télé/radio.
(Le journaliste de la presse écrite prend en général le temps de bien écrire son truc (en général, hein, pas toujours) parceque le lecteur on peut moins le prendre pour un con que le telespectateur vu que
1/ en général le lecteur il est moins con que le téléspectateur et puis c'est tout
2/ le lecteur revient autant de fois qu'il le veut sur une phrase ou une page alors il sera plus à même de flairer l'embrouille)
le journaliste télé lui avant même de se soucier de son techno blabla a mon avis il faut qu'il s'occupe de ses accords, de ses conjugaisons, de sa grammaire, et éventuellement (mais ce serait un luxe) de sa prononciation.
DigiTalyn
29/09/2004, 16h54
Tout ça me fait penser à Georges Lucas (ahem...).
Episode 2, l'espace, Obi Wawan qui se prend des bombes soniques dans la tronche. Soniques. Dans l'espace. Mais bien sûr.
Oui, et puis Paul McCartney est mort depuis de nombreuses années, celui qu'on connait actuellement n'est qu'un fake.
l y a pas une histoire de pieds nus sur une pochette d'album ? (je suis nul en Beatles)
Et Jim Morrison est pompiste chez les bouseux aux States.
Personne n'aurait un lien qui parle des rock stars et des Bruce Lee qui sont pas morts,
DigiTalyn
29/09/2004, 16h58
[QUOTE=DigiTalyn]Oui, et puis Paul McCartney est mort depuis de nombreuses années, celui qu'on connait actuellement n'est qu'un fake. QUOTE]
l y a pas une histoire de pieds nus sur une pochette d'album ? (je suis nul en Beatles)
Et Jim Morrison est pompiste chez les bouseux aux States.
Personne n'aurait un lien qui parle des rock stars et des Bruce Lee qui sont pas morts,
Paul McCartney est mort !!!! (http://www.fortunecity.com/tinpan/prodigy/841/paul.html)
Elvis est vivant !!! (http://www.fortunecity.com/tinpan/motorhead/264/mort.html)
Pour plus d'infos sur les questions existentielles du siècle, veuillez cliquer sur les liens précédents. Merci.
Old School
29/09/2004, 17h02
le journaliste télé lui avant même de se soucier de son techno blabla a mon avis il faut qu'il s'occupe de ses accords, de ses conjugaisons, de sa grammaire, et éventuellement (mais ce serait un luxe) de sa prononciation.
Je crois que "il faudrait" à la place de "il faut" serait plus juste, car parler simplement français ne semble pas être la préoccupation première de pas mal de journalistes (au moins TV, je ne me prononcerai pas sur la radio que j'écoute assez peu)
Jim Lainé
29/09/2004, 17h15
Hmmm. Qui a dévié sur les scénaristes et la magie, qu'on l'engueule?
ouais, il se cache, le fourbe !!!
Jim
Nikolavitch
29/09/2004, 17h31
alors d'abord je files l'url, histoire de bien montrer que je ne touche pas à une virgule du texte.
http://fr.news.yahoo.com/040929/202/42lze.html
mercredi 29 septembre 2004, 12h36
Un texte de la Bible remontant au premier Temple juif authentifié
JERUSALEM (AFP) - Un texte de la Bible remontant à l'époque du premier Temple juif de Jérusalem, au 6e siècle avant JC, a été authentifié par des chercheurs israéliens et américains, a rapporté mercredi le quotidien Haaretz.
Les chercheurs ont rendu compte de leurs travaux la semaine dernière dans une revue scientifique aux Etats-Unis dont le New York Times a récemment fait état.
Ils ont indiqué avoir prouvé grâce à de nouvelles techniques de laboratoire qu'un texte en hébreu ancien extrait du Pentateuque et gravé sur deux amulettes en argent remontait à l'époque du premier Temple, détruit par les Babyloniens en 587 avant l'ère chrétienne.
Selon la tradition juive, les cinq Livres de Moïse ont été remis à ce dernier au Mont Sinaï. La plupart des chercheurs estiment que le Pentateuque est en fait une compilation provenant de quatre sources différentes établie à l'époque du second Temple juif, construit pas le roi Salomon et détruit par les Romains en 70 après JC.
Mais un courant minoritaire de chercheurs considère que cet ouvrage a bel et bien été achevé à l'époque du premier Temple.
Les amulettes en question ont été découvertes en 1979 dans un caveau funéraire à Jérusalem, et le texte qui y est gravé est précisément une bénédiction qui fait toujours partie du rituel réservé aux descendants des Cohen --la tribu des prêtres-- et apparaît au Chapitre 6 des Nombres. La moitié du Pentateuque porte sur les attributions, prérogatives et obligations de ces prêtres.
Les techniques utilisées par les chercheurs ont été expérimentées dans les laboratoires de la NASA (l'Agence spatiale américaine) et permettent de dater avec certitude des vestiges remontant à la fin de la période du premier Temple juif de Jérusalem, aux environs de l'an 600 avant JC.
Selon l'archéologue israélien Gabi Barkaï, qui a découvert les deux objets sur les pentes entourant la Vallée de la Géhenne à Jérusalem, d'autres amulettes similaires ont également été trouvées sur place et l'une d'entre elles porte un verset du Deutéronome.
Un trésor mis au jour dans l'un des caveaux funéraires où se trouvent les restes de 90 personnes d'un antique puissant clan familial de Jérusalem comportait des milliers d'objets précieux, dont des pointes de flèches en fer, bijoux, pierreries, objets en marbre, en ivoire et en divers métaux.
Les principaux objets répertoriés dans ce trésor étaient un sceau portant l'inscrition "paltah", un nom en hébreu ancien, et les deux précieuses amulettes recouvertes de feuilles d'argent.
•
Donc voilà le jeu. C'est une dépèche AFP (c'est quand même sérieux, l'AFP) donnée par Yahoo (qui n'a a priori rien à voir avec le débat sur l'historicité de la Bible et donc aucune raison de le fausser).
1-quel est le sens, l'information fondamentale que le texte essaie de faire passer ?
2-quel est la grosse faille épistémologique qui conduit le texte à tenter de faire dire à une découverte ce qu'elle ne dit en aucune manière.
Ce petit jeu conduit à réfléchir à un truc : j'ai débusqué le lièvre parce que je connaissais le sujet. Mais la faille est d'ordre purement logique, donc normalement n'importe qui sachant lire et comment se construit une argumentation doit pouvoir trouver. Mais ne le fait pas, car il pense ne pas maîtriser le sujet. C'est tout le piège...
Nikolavitch
29/09/2004, 17h39
Après, il y a une grosse connerie historique aussi (mais sans conséquence, quant à elle) qu'un connaisseur peut trouver, et qui valide bien le fait que le rédacteur n'y connaissait rien, et a brodé au petit bonheur sur un dossier qu'on lui a filé et auquel il ne comprend rien sans prendre garde aux conséquences dans l'esprit du public.
Au pif je dirai que le gars essaie de dire qu'on vient de découvrir un truc qui a été découvert en 79 ?
Ou alors il a juste recopié la 4ème de couv du prochain Marek Halter
moi je dirai que le type essaye de faire dire a la decouverte que le pentateuque a ete redige a l'epoque du premier temple
c'est pas parce que les amulettes ont des citations de cet ouvrage et datent de cet epoque que le bouquin a forcement ete redige a ce moment la
surtout qu'apparement, le Pentateuque est une compilation de plusieurs sources, rien ne dit que certaines de ces sources ne sont pas anciennes
Manticore
29/09/2004, 18h14
C'est du techno-bible, tout ça.
DigiTalyn
29/09/2004, 18h25
Hum, comme le dit Nikolavitch, vu que je maîtrise pas le sujet, je cale un poil là...
Tout ce que je sais c'est que les textes à l'époque se transmettaient essentiellement par voie orale. De fait les amulettes peuvent être largement antérieures à la rédaction du Pentateuque.
Et comme le dit Cubik, le truc qui me paraît un peu bancal c'est de dire que le Pentateuque a été écrit à l'époque du premier temple juif juste parce que les amulettes ont été authentifiées comme datant de 600 av JC.
Il ya pas aussi une erreur dans cette phrase là :
La moitié du Pentateuque porte sur les attributions, prérogatives et obligations de ces prêtres
Le Talmud Torah c'est loin, mais ce serait pas la moitié du dernier livre, qui traite des cohanim?
Jim Lainé
29/09/2004, 18h55
On se demande dès lors dans quelle mesure le techno-blabla n'est pas instrumentisé pour devenir un outil des écrans de fumée pour contrôler les opinions publiques. L'un des super-pouvoirs du techno-blabla est de noyer le poisson sous un flot de baratin vide de sens, mais qui impressionne, celui qui maîtrise le langage étant souvent, confusément, doté d'attributs supérieurs ("il cause comme un livre, ça doit être important ce qu'il dit…").
De là à paranoïser, et se dire que des lobbies de tout poil manipulent les discours pour faire croire monts et merveilles aux gens (par exemple, pour manipuler les masses et leur faire prendre des vessies archéologiques pour des lanternes bibliques), y a pas si loin…
Parano Jim
L'exemple de Nikolavitch peut aussi faire réfléchir sur le fait que quand on donne/lit/diffuse un texte ou une info, en disant aux gens qu'il y a un truc à lire entre les lignes, un mystère à découvrir, le lecteur/auditeur se manipule tout seul. Il cherche et imagine en étant peut être complètement à côté de la plaque (mais au moins, il a déclenché une réflexion)
Et ça marche aussi quand on ne dit pas qu'il y a anguille sous roche, qu'on laisse un texte sans grille de lecture particulière (qu'on ne veuille aps la donner, ou qu'il n'y en est pas spécialement, que le texte s'apprécie au premier degré)
Combien de fois a-t-on vu Pivot par exemple demander à un auteur comment il avait fait pour glisser tel ou tel élément dans son livre, et l'autre de rester tout con (à moins l'air "tout con" ne soit simulé, mais là il faut que je reprenne cind minutes pour réfléchir à ce que ça impliquerait) en disant qu'il ne s'était même pas rendu compte que telle ou telle métaphore/analogie se trouvait dans son texte.
J'allais partir sur les contes pour enfants ou le petit prince qui eux se lisent, "volontairement" à plusieurs niveaux, mais en fait je m'éloigne du sujet. Ou comparer avec la peinture ou la photo (on a parlé ailleurs de l'hommage à Klint du-gars-dont-j'arrive-jamais-à-orthographier-le-prénom-et-qui-a-fait-les-Nouveaux-Mutants) mais je m'éloigne aussi.
Faut que je rentre, j'ai le cerveau qui fume
DigiTalyn
29/09/2004, 19h12
L'exemple de Nikolavitch peut aussi faire réfléchir sur le fait que quand on donne/lit/diffuse un texte ou une info, en disant aux gens qu'il y a un truc à lire entre les lignes, un mystère à découvrir, le lecteur/auditeur se manipule tout seul. Il cherche et imagine en étant peut être complètement à côté de la plaque (mais au moins, il a déclenché une réflexion)
Et ça marche aussi quand on ne dit pas qu'il y a anguille sous roche, qu'on laisse un texte sans grille de lecture particulière (qu'on ne veuille aps la donner, ou qu'il n'y en est pas spécialement, que le texte s'apprécie au premier degré)
Bein vu l'aveugle.
Jim Lainé
29/09/2004, 19h14
Ce n'est pas tout à fait dans notre sujet, mais ce n'en est pas si éloigné…
En cherchant le mot "néguentropie", je suis tombé sur le texte que je vous livre, et dont je mets en gras les passages qui me semble coller à notre discussion…
http://www.meta-noia.org/I/B/20.htm
Entropie et Néguentropie
Qu’y a-t-il au départ, l’ordre ou le désordre*? L’ordre, dans une perspective qui souligne la ‘structure’; le désordre, dans celle qui, au contraire, souligne la ‘genèse’. L’évolution de la science, à partir du dix-neuvième siècle, a été marquée par une ouverture croissante au désordre. Ptolémée voyait notre terre au centre, Copernic l’a satellisée et Einstein relativisée. La même aventure arrive à l’ordre. Tout tournait autour de lui, ensuite il fut satellisé avant de se voir relativisé.
Le désordre surgit au coeur de la physique en menaçant l’énergie considérée jusque-là comme la force indestructible de l’univers éternel et, par révolutions industrielles interposées, de la puissance humaine.
Entropie
Pourquoi le ‘mouvement perpétuel’ est-il impossible*? Pourquoi un système ne peut-il fonctionner indéfiniment dans sa clôture*? En 1850, Carnot et Clausius ont énoncé le second principe de la thermodynamique. Depuis nous savons que toute énergie – et qu’est-ce qui n’est pas ‘énergie’ dans notre univers*? – est soumise à son inexorable dégradation. Une sorte de ‘faille originelle’ dans l’être même de notre monde.
En prenant forme calorifique – passage obligé de toute énergie qui se fait ‘utile’ – l’énergie ne peut plus jamais revenir en sa forme première. Elle perd une partie de sa capacité d’effectuer du travail. Cette dégradation est irréversible. Cela veut dire concrètement qu’un système clos, où l’énergie est obligée de se recycler pour ainsi dire en ‘vase clos’, tend vers un équilibre thermique qui signifie sa mort. Cette dégradation s’appelle ‘entropie’.
L’entropie affecte le temps d’un indice de dégradation, de dispersion et de mort. Tout effort de création et de développement se paye en entropie. Aucun système ne peut se régénérer dans sa clôture. L’ensemble de notre univers considéré comme un super-système clos va progressivement se désorganisant jusqu’à sa mort inéluctable. Clausius l’étendra à l’ensemble de l’univers considéré comme un super-système clos qui va, progressivement, se désorganisant jusqu’à sa mort inéluctable.
Le principe de la dégradation de l’énergie se généralise très vite en principe de dégradation de l’ordre. En 1877, Boltzmann montre que la chaleur n’est en fait que l’énergie propre aux mouvements désordonnés des molécules au sein d’un système. Un accroissement de chaleur signifie un accroissement d’agitation désordonnée. C’est le désordre qui caractérise la forme calorifique de l’énergie et explique la dégradation de son aptitude au travail. L’entropie s’identifie dès lors au désordre. Elle est dégradation de l’ordre.
En termes de probabilité statistique, les configurations moléculaires sont d’autant plus probables qu’elles sont plus désordonnées et d’autant moins probables qu’elles sont plus ordonnées. Le désordre, la désorganisation, l’entropie, s’identifient avec la plus grande probabilité physique pour un système clos. L’ordre est non seulement dégradable mais improbable*! A l’opposé de la science classique, l’ordre est devenu problématique.
Nous savons aujourd’hui que l’information, elle aussi, se dégrade inexorablement à travers ses lignes et ses réseaux, guettée par le ‘bruit’.
Néguentropie
L’entropie est ‘naturelle’ descente. N’y a-t-il pas de ‘remontée’*? Pour désigner une telle contrepartie de l’entropie on a forgé le concept de ‘néguentropie’. Celle-ci, cependant, contrairement à l’entropie, ne va pas de soi. Elle est tâche laborieuse.
Comment vaincre l’entropie*? La savant Maxwell invente pour cela un ‘démon’. Soit un récipient dans lequel règne l’équilibre thermique, c’est-à-dire l’entropie maximale. Il faut diviser ce récipient en deux parties, appelées respectivement ‘chaude’ et ‘froide’, grâce à une séparation étanche munie seulement d’un clapet. Le démon doit surveiller l’agitation au hasard des molécules et ouvrir chaque fois le clapet pour laisser passer dans la partie ‘chaude’ une molécule rapide qui se présenterait du côté ‘froid’ et pousser dans la partie ‘froide’ une molécule lente qui se présente du côté ‘chaud’. Peu à peu toutes les molécules lentes se trouvent dans la partie ‘froide’ et toutes les molécules rapides, dans la partie ‘chaude’.
Rétablir une telle différence de potentiel signifierait incontestablement la victoire sur l’entropie. Mais quel serait le prix d’un tel travail*? En vertu du second principe de la thermodynamique la dépense d’énergie nécessaire serait supérieure à celle qu’on gagnerait*! Imaginons cependant ce démon infatigable et d’un dévouement sans limite. Soit. Seulement l’existence même d’un tel être est d’une extrême improbabilité*! Et, dut-il exister, pour produire de la néguentropie à l’intérieur du système clos que constitue le récipient, le démon ne pourrait pas ne pas créer de l’entropie en-dehors de lui, c’est-à-dire dans l’ensemble du système environnant. Le système ‘récipent-démon-environnement’ reste piégé. Il ne peut échapper à l’entropie.
En fait, pour produire de la néguentropie à l’intérieur du système clos que constitue le récipient, le démon crée nécessairement de l’entropie en-dehors de lui, c’est-à-dire dans l’ensemble du système environnant. Le système récipent-démon-environnement ne peut pas ne pas sacrifier à l’entropie.
De fait, les structures du langage et de la communication étant ce qu'elles sont (vous connaissez l'histoire ? sur les 100% de notre idée, la formulation n'en couvre que 90%, l'énonciation que 90%, la réception en fasse que 70%, la compréhension 60%… Ensuite, la réponse se fait sur 50%, son énonciation sur 40%, sa verbalisation sur 30%, sa réception sur 20% et sa compréhension sur 10%… si bien qu'un simple échange question/réponse a déjà dilué, dissous même, l'essentiel du message… Alors imaginez, le téléphone arabe…), l'information ne peut que mal circuler, se déliter…
Et une bonne manière d'accélérer le processus consiste à noyer le destinataire sous des tonnes d'informations (pas obligatoirement contradictoires, au demeurant).
Trop d'informations tue l'information…
Jim
JayWicky
29/09/2004, 19h22
Il n'y a guère que Lovecraft qui ait tout sorti d'un coup de son chapeau. Et encore, certaines de ses idées sont en germe dans Hogdson et Poe (qu'il lisait et qu'il cite explicitement en de nombreux endroits), et il était grand lecteur de Fraser, un historien des religions qui avait beaucoup travaillé sur les structures symboliques.
Et le coup des grands anciens, ça vient pas de Crowley et sa bande, ça ? Ou Crowley "apparaît" après Lovecraft?
Le pur imaginaire, j'irais presque jusqu'à dire que ça n'existe pas. Rien n'arrive dans le vide. Tout auteur est la somme de ses lectures, de sa langue maternelle, de sa culture. Après, sa synthèse peut être originale. Mais même dans des langues inventées de toute pièce, tu trouveras des traces du substrat culturel de l'inventeur.
Tout pareil moi je dis.
JW
JayWicky
29/09/2004, 19h26
Cthugha et Hastur sont les fils de Cthulhu, par exemple; dommage que Cthulhu ne semble pas avoir de frère, j'aurais aimé savoir de qui Cthugha était le neveu — et le trajet que ces divers guignols ont suivi pour arriver sur Terre.
Ah, donc Cthulhu peut avoir des enfants ! Très bien, je le note...
...
... Oui, bon, c'est pour une bouzinade, arrêtez de me fixer comme ça, je le sais que c'est navrant, foutez-moi tranquille.
... Au fait, Cthulhu, il est bien dans le domaine piblouk ?
JW
JayWicky
29/09/2004, 19h29
Je rappelle que ce trid s'inquiétait plus du "techno-blabla" chez les journalistes (Niko, sors ton exemple biblique que tu nous as montrés à nous, heureux nantis…) que chez les scénaristes…
Ah bon ? Je croyais que c'était le techno-B en général, moi...
JW
JayWicky
29/09/2004, 19h30
(Le journaliste de la presse écrite prend en général le temps de bien écrire son truc
Hahahahahahahahahahahahahahahaha !
JW
N° de Carte de Presse 1257-Z32 X-Bémol
Nikolavitch
29/09/2004, 19h31
moi je dirai que le type essaye de faire dire a la decouverte que le pentateuque a ete redige a l'epoque du premier temple
c'est pas parce que les amulettes ont des citations de cet ouvrage et datent de cet epoque que le bouquin a forcement ete redige a ce moment la
surtout qu'apparement, le Pentateuque est une compilation de plusieurs sources, rien ne dit que certaines de ces sources ne sont pas anciennes
Exactement. Bonne réponse de monsieur Cubik, de Vélizy-Villacoublay
JayWicky
29/09/2004, 19h32
Episode 2, l'espace, Obi Wawan qui se prend des bombes soniques dans la tronche. Soniques. Dans l'espace. Mais bien sûr.
Et personne ne tilte parce que pendant deux secondes elles ne font pas de bruit. Ce qui fait un certain effet, d'ailleurs, il faut le dire. Mais bon c'est vrai que présenté comme tu le fais, c'est cul-cul.
JW
JayWicky
29/09/2004, 19h33
l y a pas une histoire de pieds nus sur une pochette d'album ? (je suis nul en Beatles)
http://www.yellow-sub.net/apres/mccartney/mort/index.php3
JW
Nikolavitch
29/09/2004, 19h34
Il ya pas aussi une erreur dans cette phrase là :
Le Talmud Torah c'est loin, mais ce serait pas la moitié du dernier livre, qui traite des cohanim?
là, c'est pas une grave erreur, on peut faire passer ça pour de l'exagération.
le truc con, c'est : "du second Temple juif, construit pas le roi Salomon et détruit par les Romains en 70 après JC." parce que si le Pentateuque a effectivement été compilé à l'époque du Second Temple (détruit par la suite par les Romains, mais largement remanié sous Hérode), ce n'est pas Salomon qui l'a construit. Salomon avait construit le premier.
Nikolavitch
29/09/2004, 19h39
Et le coup des grands anciens, ça vient pas de Crowley et sa bande, ça ? Ou Crowley "apparaît" après Lovecraft?
Crowley commence sa carrière un peu avant Lovecraft, quand même. Et lui il était beaucoup sur du délire égyptologique classique, avant de passer aux cultes de la fertilité.
Nikolavitch
29/09/2004, 19h41
Et personne ne tilte parce que pendant deux secondes elles ne font pas de bruit. Ce qui fait un certain effet, d'ailleurs, il faut le dire. Mais bon c'est vrai que présenté comme tu le fais, c'est cul-cul.
JW
l'effet est super cool.
bon, après, le concept, c'est à mettre sur le même plan que les lasers qui font piouuuu, et qui le font même dans le vide d'ailleurs.
Jim Lainé
29/09/2004, 19h47
Techno-blabla chez les scénaristes, mais aussi dans le monde…
Ah bon ? Je croyais que c'était le techno-B en général, moi...
non, regarde, il y a une gradation
Il y a une sorte de poésie étrange dans le techno-babble, ce langage curieux qu'on trouve généralement dans les séries télés de SF et les comics avec savants fous (…)
Ce qui est très amusant, c'est de voir ce techno-babble contaminer aussi le langage normal. (…)
Souvent, même les infos sérieuses emploient du techno-babble, en ce sens que les termes scientifiques employés sont vidés de tout sens, (…)
Toute l'astuce pour le journaleux est d'avoir l'air d'y croire et de savoir ce que veulent dire les termes(…)
Pis encore, les gourous de la communication et les gourous de sectes s'y mettent aussi ! (…)
D'abord les comics, puis la SF, puis les médias, puis les gourous, puis la société…
Gradation, spirale, climax final, explosion lyrique…
Jim
Manticore
29/09/2004, 21h33
"il cause comme un livre, ça doit être important ce qu'il dit…"
Heureusement, Dieu (loué soit Son nom) envoya à la France Raffarin comme antidote. Et Raffarin glosa, et plus personne ne prit l'emphase au sérieux.
(et Dieu, pour assurer le coup de sécurité, fila un petit coup de Villepin par dessus.)
Manticore
29/09/2004, 21h35
... Oui, bon, c'est pour une bouzinade
Va falloir que tu bouzines fort, parce que Lin Carter a déjà pas mal ravagé le paysage.
Nikolavitch
29/09/2004, 22h04
Va falloir que tu bouzines fort, parce que Lin Carter a déjà pas mal ravagé le paysage.
Faut dire que Lin Carter, c'est du haut de gamme dans le genre. Quand on voit ce qu'il a fait subir au pauvre Conan...
Manticore
30/09/2004, 00h02
Faut dire que Lin Carter, c'est du haut de gamme dans le genre. Quand on voit ce qu'il a fait subir au pauvre Conan...
Ouais, avec Sprague de Camp. Mais Carter a aussi écrit des romans de fantasy qui sont une espèce d'acoquinage crapuleux entre E.R. Burroughs et R. E. Howard. C'est de la fantasy générique et simplette, assez pénible. Y a du Thongor, le Cycle de l'Étoile verte et d'autres trucs encore plus décourageants.
Et le plus navrant, dans tout ça, c'est que Carter a été un directeur de collection formidable, et quelqu'un qui avait une connaissance très fine de la fantasy. Dans sa collection chez Ballantine, il a publié pas mal de Clark Ashton Smith alors le malheureux était tombé dans l'oubli, et des romans culte auprès de beaucoup de gens, comme le fameux Lud-in-the-Mist, livre de chevet de gens aussi divers que Neil Gaiman, Mary Gentle ou Susanna Clarke (pour n'en citer que quelques-uns). Et puis des bouquins d'Eddison, de Peake, de Morris, de McDonald... La fine fleur de la fantasy pré-tolkiennienne, quoi. Un travail magnifique.
Il aurait dû éviter d'écrire, en fait.
Nikolavitch
30/09/2004, 10h31
Ah, j'ignorais. c'est d'autant plus tragique, alors. (j'avais lu un Thongor, du temps de ma folle jeunesse, Thongor à la fin des temps, je crois. il me semble que j'étais pas arrivé au bout) (pour ses Conan, quand il m'arrive, dans un receuil mélangé, d'attaquer un texte de Carter, je m'en apperçois en moins de 20 lignes, en général).
Manticore
30/09/2004, 10h49
pour ses Conan, quand il m'arrive, dans un receuil mélangé, d'attaquer un texte de Carter, je m'en apperçois en moins de 20 lignes, en général).
Y a aussi Sprague de Camp qui écrit Conan avec des mouffles. Il me semble que c'est lui qui est coupable des textes où Conan, façon Rahan, découvre les grandes inventions humaines pendant qu'il pète la gueule à des monstres squameux.
Nikolavitch
30/09/2004, 10h53
Y a aussi Sprague de Camp qui écrit Conan avec des mouffles. Il me semble que c'est lui qui est coupable des textes où Conan, façon Rahan, découvre les grandes inventions humaines pendant qu'il pète la gueule à des monstres squameux.
ses textes sont cons comme la pluie, mais un peu moins mal écrits quand même. (ce qui est bien fun, c'est quand ils font équipe, ces deux là)
En parlant de techno-blabla
ENIGME :
ekdoiieuyjnijgfpdsppqs^doqs^dl;ohngdkfniuhfdlksjdhfdsuiyhsdmofh
???
Réponse :
http://img3.exs.cx/img3/9471/pic23846.jpg
En parlant de techno-blabla
ENIGME :
ekdoiieuyjnijgfpdsppqs^doqs^dl;ohngdkfniuhfdlksjdhfdsuiyhsdmofh
???
Réponse :
http://img3.exs.cx/img3/9471/pic23846.jpg
ooh
minivixens
(snif)
O.
JayWicky
30/09/2004, 14h46
En parlant de techno-blabla
ENIGME :
ekdoiieuyjnijgfpdsppqs^doqs^dl;ohngdkfniuhfdlksjdhfdsuiyhsdmofh
??
Réponse :
http://img3.exs.cx/img3/9471/pic23846.jpg
"Je ne trouve ça ni joli ni érotique ni drôle, donc ça m'échappe..."
(Jean-Marc Lainé)
JW
Bon, quelqu'un a une corde? que je me pende ...
JayWicky
30/09/2004, 15h24
Bon, quelqu'un a une corde? que je me pende ...
Non, t'inquiète, c'est une citation hors contexte... qui m'était destinée, au départ.
JW
DigiTalyn
30/09/2004, 15h39
En parlant de techno-blabla
ENIGME :
ekdoiieuyjnijgfpdsppqs^doqs^dl;ohngdkfniuhfdlksjdhfdsuiyhsdmofh
???
Réponse :
http://img3.exs.cx/img3/9471/pic23846.jpg
MES YEUX ! MES YEUX !!!
Beurk...
Non, t'inquiète, c'est une citation hors contexte... qui m'était destinée, au départ.
JW
Ah? Ok . . .
Bon, ben, tiens je t'offre cette corde qui vient de m'arriver.
Nikolavitch
30/09/2004, 18h40
Bon, ça s'est encore méchamment barré en couilles, ce tride. vous êtes incorrigibles. (et puis les veines sur les ropoplos distendus, beurk)
Non, non, reprenons, reprenons !
Quelqu'un aurait de la documentation sur les petits appareils électriques que les scientologues vendent une fortune et qu'on trouve à 3 sous chez Casto ?
Nikolavitch
30/09/2004, 19h10
Non, non, reprenons, reprenons !
Quelqu'un aurait de la documentation sur les petits appareils électriques que les scientologues vendent une fortune et qu'on trouve à 3 sous chez Casto ?
Les schémas se sont baladés sur le net. C'est en fait le principe du ohmmètre, mais avec des poignées et en tant qu'appareil, c'est grave de la couille en boite.
c'est comme outil de manipulation que c'est très bien pensé : ça sert à mettre l'utilisateur en position d'infériorité. Comme il pense que le truc peut enregistrer ses réactions émotionelles (façon Voigt-Kampf) il flippe, et donc est plus réceptif aux diverses manipulations liées au langage, dont il a d'autant moins conscience qu'il focalise sur l'appareil. Ça crée direct une relation de sujétion, avec auto-culpabilité dès qu'on n'est pas tout à fait d'accord avec le chef.
J'aurai bien aimé lire un argumentaire, histoire de voir comment on "vend" ça aux gens, si ça résiste à une analyse de 4 à 5 secondes... (remarque, y'en a bien qui croient qu'un type calé pépère dans la mer morte, où il y a plus de sel que de flotte, était en train de marcher) (même bourré j'en invente pas des comme ça)
Nikolavitch
30/09/2004, 19h17
J'aurai bien aimé lire un argumentaire, histoire de voir comment on "vend" ça aux gens, si ça résiste à une analyse de 4 à 5 secondes... (remarque, y'en a bien qui croient qu'un type calé pépère dans la mer morte, où il y a plus de sel que de flotte, était en train de marcher) (même bourré j'en invente pas des comme ça)
sauf qu'il était pas sur la Mer Morte mais sur le Lac de Tibériade, censé être d'eau douce.
mais bon, la crédulité des gens est hallucinante. On a réussi à leur faire croire que Rolland-Garros et Wimbledon c'était intéressant, alors à partir de là, y'a plus beaucoup d'espoir, tu sais...
sauf qu'il était pas sur la Mer Morte mais sur le Lac de Tibériade, censé être d'eau douce.
Ouais, enfin, ça c'est qui le disent...
(mauvaise foi absolue)
(mauvaise foi absolue)
'tain, j'ai fait un jeu de mots sans faire exprès !!!!!
Nikolavitch
30/09/2004, 19h21
'tain, j'ai fait un jeu de mots sans faire exprès !!!!!
moi c'est mon foie, qu'est mauvais. faut vraiment que j'arrête de boire.
Nikolavitch
30/09/2004, 19h21
Ouais, enfin, ça c'est qui le disent...
(mauvaise foi absolue)
Attends, déjà ils nous disent qu'il était charpentier et juif, alors qu'il avait un prénom de maçon espagnol, alors à partir de là, hein, bon, voilà quoi....
Jim Lainé
01/10/2004, 10h16
Je viens de poster dans "Et le reste…" de ComicsTV une note de lecture sur un bouquin qui m'a halluciné, et qui correspond fichtrement à la discussion soulevée ici. Je vous en livre deux extraits, la version in extenso est à l'adresse suivante :
http://www2.zonealta.net/~edmondt/showthread.php?p=19306
Je viens de trouver le Seduction of the Innocents de notre époque : plus court, plus supercifiel, écrit plus gros avec des phrases plus courtes, plus “zapping”, plus post-moderne quoi, Psychanalyse des Dessins Animés, de Geneviève Djénati (éditions Pocket, collection “Évolution”) est un ramassis de poncifs, de raccourcis et de de jugements à l’emporte-pièce (la page 145, sur le techno-blabla des DA de SF et les caricatures sexistes aux répercussions fâcheuses dans les cours de récré, vaut son pesant de carambar !), le tout dans un techno-psycho-blabla qui irait parfaitement dans la colonne des trucs dont se méfier, contre lesquels Niko nous a mis en garde. C’est phénoménal de mauvaise foi.
(…)
Bref c’est une merde sans nom, lâche, propagandiste, scientifique indéfendable (puisque choisissant son corpus d’étude en fonction du message à édifier, et non en bâtissant sa théorie en fonction de l’étude d’un corpus sinon exhaustif du moins élargi : on a fait des procès d’intention au pédopsychiatre Piaget pour moins que ça…), partisane et ségrégationniste. Si ce n’était pas faire de la pub pour cette dame et son torchon, je conseillerais à tout le monde de l’acheter pour faire une idée du massacre.
Moi, je suis client de ce genre de saloperies, j’en ai déjà plein mes étagères, et je les montre du doigt à mes amis en disant “ça, caca !”, mais là, je crois que j’ai dégotté une perle !!!
Jim
Jim Lainé
07/10/2004, 17h27
Ce que Jourde fustige, ce sont justement les auteurs post nouveau roman qui ne racontent rien. (lis n'importe quel truc Rive Gauche de rentrée littéraire et tu verras ce que je veux dire)
Alors deux autres merveilles de Jourde, dont Digitalyn m'a filé la piste (merci, Ab Fab Sweety Darling !) :
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2912042585/ref=cm_mp_wli_/171-8585344-6957029?coliid=I3KAAOCGBUC0X0&colid=7ALBVRLWLYFO
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2913588549/ref=cm_mp_wli_/171-8585344-6957029?coliid=I198YXJK6E3TU4&colid=7ALBVRLWLYFO
Jim
Nikolavitch
08/10/2004, 10h23
Mais c'est qu'il est encore plus prolifique qu'un pseudo philosophe rive gauche, cet homme là !
Nikolavitch
14/10/2004, 18h49
tiens, lu dans Le Monde... Un paragraphe qui m'amuse :
"Ce modèle vise à unifier la mécanique quantique, qui décrit les lois physiques régissant l'infiniment petit, et la relativité générale d'Einstein, qui explique les phénomènes de l'infiniment grand, domaine de la force de gravité. Découverte dans les années 1980, cette théorie postule l'existence de cordelettes fermées et vibrantes, chargées d'énergie, qui constitueraient les composants les plus intimes de la matière."
Y'a rien qui vous choque (pour répondre à cette question, inutile de s'y connaitre en théorie des cordes, à laquelle personne ne comprend rien de toute façon) ?
Allez, je vous met sur la piste : un mot employé par ce journaliste qui prouve qu'il n'a rien compris à ce qu'est la démarche scientifique....
tiens, lu dans Le Monde... Un paragraphe qui m'amuse :
"Ce modèle vise à unifier la mécanique quantique, qui décrit les lois physiques régissant l'infiniment petit, et la relativité générale d'Einstein, qui explique les phénomènes de l'infiniment grand, domaine de la force de gravité. Découverte dans les années 1980, cette théorie postule l'existence de cordelettes fermées et vibrantes, chargées d'énergie, qui constitueraient les composants les plus intimes de la matière."
Y'a rien qui vous choque (pour répondre à cette question, inutile de s'y connaitre en théorie des cordes, à laquelle personne ne comprend rien de toute façon) ?
Allez, je vous met sur la piste : un mot employé par ce journaliste qui prouve qu'il n'a rien compris à ce qu'est la démarche scientifique....
"Unifier la physique quantique"??
Manticore
14/10/2004, 19h17
Allez, je vous met sur la piste : un mot employé par ce journaliste qui prouve qu'il n'a rien compris à ce qu'est la démarche scientifique....
"Explique"?
Nikolavitch
14/10/2004, 21h09
"Découverte dans les années 1980, cette théorie"
on ne découvre pas une théorie. on la formule. une théorie n'est qu'une façon de décrire quelque chose. et on ne découvre pas une description. si les mecs font de la science pour découvrir des théories, ils sont mal barrés, je vous le dis.
(par contre, on peut découvrir un phénomène. après, on formulera une théorie pour tenter d'expliquer le phénomène)
DigiTalyn
14/10/2004, 22h29
Alors deux autres merveilles de Jourde, dont Digitalyn m'a filé la piste (merci, Ab Fab Sweety Darling !) :
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2912042585/ref=cm_mp_wli_/171-8585344-6957029?coliid=I3KAAOCGBUC0X0&colid=7ALBVRLWLYFO
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2913588549/ref=cm_mp_wli_/171-8585344-6957029?coliid=I198YXJK6E3TU4&colid=7ALBVRLWLYFO
Jim
De rien chef. Moi aussi j'ai hâte de les lire.
C'est quoi cette épidémie d'avatars "normaux" ???
O.
Manticore
14/10/2004, 23h47
"Découverte dans les années 1980, cette théorie"
J'attribuerais ça en priorité à une maladresse de français.:D
JayWicky
15/10/2004, 04h47
C'est quoi cette épidémie d'avatars "normaux" ???
Lancé sur le trid "Buzz Bashing". Normalement ça devait ne durer qu'une journée.
JW
Lancé sur le trid "Buzz Bashing". Normalement ça devait ne durer qu'une journée.
JW
Alors ils devraient arrêter, non ?
J'aimerais bien, passke ca fait peur :(
O.
Old School
15/10/2004, 11h28
Vous pouvez contunuer au dela ; surtout DigiTalyn :cool:
Nikolavitch
15/10/2004, 11h43
J'attribuerais ça en priorité à une maladresse de français.:D
Ouais, enfin déjà, quand quelqu'un qui s'y connait parle de la théorie des Cordes, c'est rude. (Hawking, qui est habituellement lumineux, devient incompréhensible dès qu'il aborde le sujet). alors quand un journaleux qui visiblement n'a jamais entendu parler d'épistémologie commence à vouloir blablater sur les cordes, on touche rapidement au néant cosmique, quoi...
Jim Lainé
15/10/2004, 12h01
Vous pouvez contunuer au dela ; surtout DigiTalyn :cool:
C'est clair : ses admirateurs sont ravis !
Jim
Jim Lainé
15/10/2004, 12h09
Alors ils devraient arrêter, non ?
J'aimerais bien, passke ca fait peur :(
Tu m'étonnes…
tu comprends pourquoi je m'en tiens à ma version sublimée par Steph Roux, et pas à la "vraie" image ?
Sinon, là, on ferme boutique aussitôt : vous serez tous MORTS de peur !
Jim
Tu m'étonnes…
tu comprends pourquoi je m'en tiens à ma version sublimée par Steph Roux, et pas à la "vraie" image ?
Sinon, là, on ferme boutique aussitôt : vous serez tous MORTS de peur !
Jim
Moi je suis pour garder les avatars photos (ou dessin quand ils sont fidèles au perso). Je trouve ça mieux, plus honnete.
JayWicky
15/10/2004, 14h20
Moi je suis pour garder les avatars photos (ou dessin quand ils sont fidèles au perso). Je trouve ça mieux, plus honnete.
En même temps, on est un peu ici pour faire ce qu'on veut, non ?
JW
En même temps, on est un peu ici pour faire ce qu'on veut, non ?
JW
Moi j'ai dit que j'étais pour, maintenant, chacun fait ce qu'il veut.
DigiTalyn
15/10/2004, 14h46
Vous pouvez contunuer au dela ; surtout DigiTalyn :cool:
Ouais 'fin ma gueule, je la vois tous les jours alors changer, ça fait pas de mal.
JayWicky
15/10/2004, 14h50
Ouais 'fin ma gueule, je la vois tous les jours alors changer, ça fait pas de mal.
Pareil. Et puis bon, moi je veux pas montrer mon vrai faciès. Je suis trop sexy. Ca foutrait la merde.
JW
Mouais... t'étais pas mal avec des cheveux quand même...
DigiTalyn
15/10/2004, 14h52
Pareil. Et puis bon, moi je veux pas montrer mon vrai faciès. Je suis trop sexy. Ca foutrait la merde.
JW
I'm too sexy for my shirt too sexy for my shirt
So sexy it hurts
And I'm too sexy for Milan too sexy for Milan
New York and Japan
DigiTalyn
15/10/2004, 14h52
Mouais... t'étais pas mal avec des cheveux quand même...
Oh, j'aime bien être bleue.
Mouais... t'étais pas mal avec des cheveux quand même...
Moi j'ai une photo d'elle version "lapin figé par les phares d'un 15 tonnes", mais je me fais taper si je la balance :D
Moi j'ai une photo d'elle version "lapin figé par les phares d'un 15 tonnes", mais je me fais taper si je la balance :D
Steup', vas-y, balance-là vite fait. tu la vires dans un 1/4 d'heure (la photo pas ta meuf').
Fais preuve d'amour... ne casse pas un mythe
DigiTalyn
15/10/2004, 15h00
Je sens Leto qu'il va falloir rapidement que je trouve le pass de ton ftp...
Ouais 'fin ma gueule, je la vois tous les jours alors changer, ça fait pas de mal.
Ah bon, tu passes la journée devant un miroir toi ?
Entre le matin (pas réveillé) et le soir (presque endormi), ça va, ma gueule j'ai oublié à quoi elle ressemblait.
DigiTalyn
15/10/2004, 15h01
Fais preuve d'amour... ne casse pas un mythe
Hein ça ? Nan mais c'est vrai, après on s'étonne que je soies traumatisée et si peu sûre de moi. Entre ma mère qui s'arrange toujours pour me prendre en photo quand j'ai de la glue verte sur le visage, et Leto qui préfère les photos où je fais l'idiote, je suis pas gâtée.
ABUSAX !!!
DigiTalyn
15/10/2004, 15h02
Ah bon, tu passes la journée devant un miroir toi ?
Entre le matin (pas réveillé) et le soir (presque endormi), ça va, ma gueule j'ai oublié à quoi elle ressemblait.
J'ai dit tous les jours, j'ai pas dit à chaque seconde. Tu sais quand on se lave, on se voit un peu.
Hein ça ? Nan mais c'est vrai, après on s'étonne que je soies traumatisée et si peu sûre de moi. Entre ma mère qui s'arrange toujours pour me prendre en photo quand j'ai de la glue verte sur le visage, et Leto qui préfère les photos où je fais l'idiote, je suis pas gâtée.
ABUSAX !!!
Je te jure, si Leto la met en ligne, j'en mets une où j'ai vraiment une pire gueule (encore un coma mais en gros plan !).
Tu sais quand on se lave, on se voit un peu.
Oui le matin et le soir. Et la visibilité est réduite. Donc c'est pas la mort.
DigiTalyn
15/10/2004, 15h04
Je te jure, si Leto la met en ligne, j'en mets une où j'ai vraiment une pire gueule (encore un coma mais en gros plan !).
Bah dans ce cas, c'est pas cette photo que Leto devrait balancer hein, j'ai bien pire.
Bah dans ce cas, c'est pas cette photo que Leto devrait balancer hein, j'ai bien pire.
Bah, balance !
DigiTalyn
15/10/2004, 15h09
Après vous cher ami.
Merde, moi j'en n'ai pas là des photos où je suis un peu trashé !
sinon, j'aurai bien pris le premier tour !
Après vous cher ami.
Je la vire dans 10 minutes.
<virée la photo !>
Et je crois que j'ai pire.
DigiTalyn
15/10/2004, 15h19
ahah comment il finasse, la main sur le visage, comme ça on ne voit rien.
Allez, je m'y colle : les couettes et les dents dans tous les sens.
http://sakurazuka.net.free.fr/files/photos/pockmonster.JPG
C'est nikolavitch qui va être heureux de voir son trid tout pourravé comme ça.
ahah comment il finasse, la main sur le visage, comme ça on ne voit rien.
Allez, je m'y colle : les couettes et les dents dans tous les sens.
Ah, non ! Pas de photos d'il y a 20 ans non plus !
Bon, Leto, balance la photo !
DigiTalyn
15/10/2004, 15h21
Ah, non ! Pas de photos d'il y a 20 ans non plus !
Bah Leto va bien finir par la balancer sa photo de pinpin, depuis le temps qu'il en crêve d'envie.
et voilà le pinpin...
http://t.andrieu.free.fr/misc/pinpin.jpg
Attention le camion !!
et voilà le pinpin...
http://t.andrieu.free.fr/misc/pinpin.jpg
Attention le camion !!
Wouah, faut arrêter la weed !
DigiTalyn
15/10/2004, 15h24
Ahahah.
C'est l'optic blast qui a dû merder.
Au fait, Leto, la photo de ton avatar, c'est quand t'as voulu faire un remake de LA HAine dans ta salle de bain. On dirait Vince avec des cheveux.
Ahahah.
C'est l'optic blast qui a dû merder.
C'est donc ça la "vision chaude" ?
DigiTalyn
15/10/2004, 15h27
C'est donc ça la "vision chaude" ?
Ahahah !
Boui. Ça refroidit d'un coup hein ?
Incoryable, DIgitalyn tu ressembles à une voisine à moi comme deux gouttes d'eau !!!!!
DigiTalyn
15/10/2004, 15h28
Incoryable, DIgitalyn tu ressembles à une voisine à moi comme deux gouttes d'eau !!!!!
La pauvre...
La pauvre...
La permanente auto-flagellation féminine concernant leur physique et leur manque de confiance en elle, c'est si classique, si banale que c'en est soporifique...
Moi je veux bien en mettre de moi aussi, mais j'ai rien de plus glamour que le jour de la naissance du filleul ; ce qui fait un bon entrainement, j'ai un enfant à naître en Février
http://img71.exs.cx/img71/13/2004_0523naissanceclement0002.jpg
La pauvre...
Moi je lui/te trouve un air de Rowan Mayfair
l'archer vert
15/10/2004, 15h37
Moi je veux bien en mettre de moi aussi, mais j'ai rien de plus glamour que le jour de la naissance du filleul ; ce qui fait un bon entrainement, j'ai un enfant à naître en Février
Non, pis, c'est bien, elle est discréte, ta photo.
JayWicky
15/10/2004, 15h41
La permanente auto-flagellation féminine concernant leur physique et leur manque de confiance en elle, c'est si classique, si banale que c'en est soporifique...
Oh j'aime bien, moi !
JW
Oh j'aime bien, moi !
JW
Parce que tu supportes pas ça au quotidien.
DigiTalyn
15/10/2004, 15h46
Moi je veux bien en mettre de moi aussi, mais j'ai rien de plus glamour que le jour de la naissance du filleul ; ce qui fait un bon entrainement, j'ai un enfant à naître en Février
Beh en même temps elle est pas "la pire photo de toi jamais prise". C'est pas du jeu.
DigiTalyn
15/10/2004, 15h47
La permanente auto-flagellation féminine concernant leur physique et leur manque de confiance en elle, c'est si classique, si banale que c'en est soporifique...
t'as raison, demain je deviens imbue de moi même. Mais autant baser ça ailleurs que sur la subjectivité d'un physique lambda.
Baser ça sur quoi alors ???
Euh... Je fais les nouilles chinoises comme personne !
Beh en même temps elle est pas "la pire photo de toi jamais prise". C'est pas du jeu.
Mais je l'ai pas là, sur moi " "la pire photo de toi jamais prise". elle est à la maison, j'ai un nez rouge de clown sur le pif, un pote à droite, un à gauche qui me portent vers la sortie du restau où elle a été prise; c'était le réveillon de l'an 2000; j'avais attaqué la veille et le soir de la St Sylvestre, à 22H00 j'atais bon à mettre à la casse..
L'oeil vitreux, la lèvre baveuse, les pieds qui touchent pas par terre, bref, c'est ma pire photo.
je l'aurai affichée sans complexe, mais il faut que je la numérise d'abord.
Mais autant baser ça ailleurs que sur la subjectivité d'un physique lambda.
C'est vrai qu'un physique lambada c'est mieux qu'un physique lambda.
(oui je sors)
Il y a une nuance entre :
1- faire des complexes
2- être imbue de sa personne
3- s'en battre la race.
4- avoir une opinion juste et objective de soi, et l'assumer.
Je navigue entre la 2 et la 3.
entre le 2 et le 4 pour moi .
selon que je sois bien des mes baskets ou pas.
DigiTalyn
15/10/2004, 15h55
C'est vrai qu'un physique lambada c'est mieux qu'un physique lambda.
(oui je sors)
Il y a une nuance entre :
1- faire des complexes
2- être imbue de sa personne
3- s'en battre la race.
4- avoir une opinion juste et objective de soi, et l'assumer.
Je navigue entre la 2 et la 3.
Je voudrais bien répondre, mais je risque de sombrer dans le glauque en répondant franchement. Je dirais seulement que je commence juste à avoir une opinion floue de moi, opinion gravement phagocytée par quelques relations toxiques.
Et en fait, j'assume. Un peu. Et je m'en fous aussi :)
Mais je l'ai pas là, sur moi " "la pire photo de toi jamais prise". elle est à la maison, j'ai un nez rouge de clown sur le pif, un pote à droite, un à gauche qui me portent vers la sortie du restau où elle a été prise; c'était le réveillon de l'an 2000; j'avais attaqué la veille et le soir de la St Sylvestre, à 22H00 j'atais bon à mettre à la casse..
L'oeil vitreux, la lèvre baveuse, les pieds qui touchent pas par terre, bref, c'est ma pire photo.
je l'aurai affichée sans complexe, mais il faut que je la numérise d'abord.
J'en ai retrouvé une du moi d'il y a 7 ans, le crâne rasé, en position foetale sur un canape, les yeux grands ouverts et en pleine crise de paranoïa suite à un nombre de douilles consommées trop important pour mon niveau physique et mental de l'époque.
Je suis mort de rire quand je la vois, mais je la montrerai pas.
opinion gravement phagocytée par quelques relations toxiques.
"L'enfer c'est les autres. "
DigiTalyn
15/10/2004, 16h00
pas mieux mon capitaine.
pas mieux mon capitaine.
Je dis ça pour toi, parce que moi les autres, ça va, je les aime bien.
Nikolavitch
31/10/2004, 12h53
Un petit lien très instructif, qui décrypte le technobabble des produits de beauté et de la presse féminine...
http://www.acrimed.org/article1449.html
Nikolavitch
17/11/2004, 21h04
vous allez dire que j'en veux à Yahoo infos (et à l'AFP), mais je viens de trouver cet article, daté d'aujourd'hui, mercredi 17 Novembre 2004.
PARIS (AFP) - Nous sommes des descendants de coureurs de fond: cette hypothèse inattendue est avancée par deux biologistes américains à partir d'une étude comparative de l'anatomie de l'homme moderne, de ses ancêtres et d'un certain nombre d'animaux, dont les résultats sont publiés jeudi par la revue Nature.
Selon Dennis Bramble, de l'Université de l'Utah, à Salt Lake City, et Daniel Lieberman, de l'Université Harvard, à Cambridge (Massachusetts), les origines de notre propre anatomie, caractérisée en particulier par des jambes longues et puissantes, sont à chercher auprès des premiers représentants du genre Homo, confrontés à la nécessité de parcourir vite de longues distance à travers la savane africaine.
C'est en poursuivant des proies, en tant que chasseurs, pour pouvoir les atteindre avec des projectiles à distance rapprochée, ou en s'efforçant d'arriver avant des charognards (hyènes, vautours...) auprès d'une carcasse, que l'homme a développé cette aptitude, spéculent les deux scientifiques.
Sous l'effet de la sélection naturelle, expliquent-ils, nos ancêtres ont donc commencé à prendre des formes qui ont abouti au corps humain actuel, adapté non seulement à la marche bipède, mais surtout à la course d'endurance. Face à des "sprinters" animaux incomparablement plus rapides sur de courtes distances, la survie de nos ancêtres dépendait donc de leur capacité à courir longtemps.
Ce seuil d'évolution aurait été franchi voici quelque deux millions d'années. Bramble et Lieberman affirment en avoir détecté des traces dans certains squelettes attribués à l'espèce Homo habilis et surtout dans ceux, plus modernes, d'Homo erectus.
Les deux biologistes ont répertorié en tout 26 traits anatomiques aptes à augmenter l'adaptation à la course, tels que les longs tendons et les ligaments des jambes, la structure des pieds mais aussi les muscles qui stabilisent le tronc.
"Aujourd'hui, résument les auteurs de l'étude, la course est principalement une forme d'exercice et de récréation, mais ses racines peuvent être aussi anciennes que l'origine du genre humain et avoir contribué de manière importante à la formation du corps humain."
Cette hypothèse est contestée par l'anthropologue française Yvette Deloison, spécialiste de la locomotion des hominidés et connue surtout pour sa théorie selon laquelle la marche debout a vu le jour chez les primates bien avant l'apparition des ancêtres directs de l'homme.
"Pour évaluer leur capacité à l'endurance, commente-t-elle, interrogée par l'AFP, Bramble et Lieberman comparent des bipèdes et des quadrupèdes, qui représentent deux modes de locomotion complètement différents et donc impossibles à comparer. L'élargissement des articulations de nos jambes qu'ils évoquent entre autres vient non pas de l'adaptation à la course de fond, mais de la position érigée de notre corps, dans lequel tout le poids exerce une pression sur ces articulations, alors que chez les animaux quadrupèdes, cette masse est répartie."
"Bref, ajoute la scientifique du CNRS, l'homme est anatomiquement fait pour la marche. Par ailleurs, au lieu de pouvoir suivre des proies sur de longues distances, les premiers humains avaient sans doute plutôt besoin de fuir vite les prédateurs."
Alors qu'on soit bien clairs, loin de moi l'idée de remettre en question les conclusions de ces estimables scientifiques.
sauf que ces conclusions avaient déjà été formulées et publiées en 1990 par un biologiste allemand, spécialiste de l'écologie, et qui avait fondé sa théorie sur l'analyse des conditions environementales auxquelles étaient confrontés nos ancêtres. Le type s'appelle Joseph Reichholf, et ses bouquins sont généralement passionnants, en plus.
SgtPépère
17/11/2004, 22h23
Bref, ajoute la scientifique du CNRS, l'homme est anatomiquement fait pour la marche. Par ailleurs, au lieu de pouvoir suivre des proies sur de longues distances, les premiers humains avaient sans doute plutôt besoin de fuir vite les prédateurs."
A mon avis, c'est parce que Jurassique Park 3 est repassé récemment à la télé qu'ils ont fait le lien.
Nous ne voyons pas d'autre explication ...
Euh... comme les autruches ?
O.
Jim Lainé
18/11/2004, 12h07
pas mieux mon capitaine.
Je dis ça pour toi, parce que moi les autres, ça va, je les aime bien.
S'ils font des petits, ces deux-là, faut les noyer illico !
Jim
l'archer vert
18/11/2004, 15h45
S'ils font des petits, ces deux-là, faut les noyer illico !
Jim
No soucaïïe. Leto s'en chargera.
Jim Lainé
15/12/2004, 13h20
pour ceux qui veulent savourer du pur techno-blabla journalistique, je renvoie à mon commentaire d'un récent article "de fond" sur Marvel, publié dans Libé :
http://www2.zonealta.net/~edmondt/showthread.php?p=30494
Jim
Nikolavitch
20/04/2005, 23h30
Je remonte ce sujet pour signaler la ressorties en Points Sciences (éditions du Seuil) de l'Imposture Scientifique en Dix Leçons, de Michel de Pracontal.
C'est un petit bréviaire de la méfiance envers les techno babbles divers et les manipulations diverses en sciences, surtout à l'interface de la science et de la société. Passionnant. En plus, il a le bon goût d'avoir été remis à jour, prenant en compte les dernières bogdanoveries. Je vais donc de ce pas me le relire, et je vous tiens au jus....
Jim Lainé
21/04/2005, 00h16
Je remonte ce sujet pour signaler la ressorties en Points Sciences (éditions du Seuil) de l'Imposture Scientifique en Dix Leçons, de Michel de Pracontal.
C'est un petit bréviaire de la méfiance envers les techno babbles divers et les manipulations diverses en sciences, surtout à l'interface de la science et de la société. Passionnant. En plus, il a le bon goût d'avoir été remis à jour, prenant en compte les dernières bogdanoveries. Je vais donc de ce pas me le relire, et je vous tiens au jus....
Michel de Pracontal est l'auteur d'un thriller de SF intitulé la Femme Sans Nombril (de mémoire : Cherche-Midi Editeur), une histoire de hard-science biologique, qui est sur ma pile des "à lire" (pile qui s'amenuise, j'y arriverai bientôt).
Tiens, au fait, Niko, j'ai retrouvé le bouquin de Legendre. Il était... euh... rangé, quoi. Je l'ai bien entendu retrouvé genre une minute après ton départ. Tu devais encore être dans le couloir, quoi...
Jim
artemus dada
29/03/2006, 09h09
Pas vraiment du techno babble mais:
barbare
Mot de formation onomatopéique : bar-bar était censé mimer par moquerie les parlers non helléniques, marque d’“étrangeté” pour les Grecs. On pense à “babil”, “baragouin” ou “balbutier”, qui évoquent aussi les mots mis à la torture et jouent sur la même sonorité. La barbarie n’était donc au départ que langagière, elle s’est bien rattrapée depuis : trois mille ans de civilisation pour voir un Barbare d’opérette devenir gouverneur de Californie !
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/correcteurs/
Nikolavitch
29/03/2006, 10h32
Il est très bien, le blog des correcteurs du Monde.
cultivé, rigolo, plein du genre de connaissances inutiles (et parfois très utiles, aussi) que j'adore !!!!!
Nikolavitch
02/06/2008, 09h19
tiens, j'ai été interviewé dernièrement par un journaliste de Science et Vie Junior, qui voulait parler de mangas, comics, etc... entretien très sympa, qui a vite dérivé sur l'emploi du techno blabla en BD et en SF.
et j'ai cité à cette occasion la phrase de Dennis O'Neil : "It's phony science, but it's OUR phony science". O'Neil est conscient de ne pas être un scientifique, et donc de recourir plus qu'à son tour au techno-babble. Mais il essaie d'y mettre un peu de rigueur : même si la science de ses persos est totalement inventée, il estime qu'elle doit être cohérente.
l'exemple qu'il cite (ou que Mike Gold cite en parlant de O'Neil, faut que je retrouve le texte en question, c'est sur le site Comicmix), c'est celui d'un perso à la Superman qui arrivera à traverser le soleil au cours d'un épisode. Si deux épisodes plus loin, un ennemi arrive à le mettre à mal avec un lance-flammes, même ultime balaise, il y a un problème...
Manticore
02/06/2008, 11h40
C'est pas un problème de science, c'est un problème de cohérence. Malheureusement, sans recourir au soleil, les niveaux de vulnérabilité sont assez variables, dans les comics, même pour les cas où on fait intervenir un rhume providentiel à la Benoît Brisefer pour expliquer comment Galactus dse fait tataner par Tante May.
C'est pas un problème de science, c'est un problème de cohérence. Malheureusement, sans recourir au soleil, les niveaux de vulnérabilité sont assez variables, dans les comics, même pour les cas où on fait intervenir un rhume providentiel à la Benoît Brisefer pour expliquer comment Galactus dse fait tataner par Tante May.
C'est parce qu'elle a eu les pouvoirs de Captain Universe! :D
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